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L'UNION, édition du 12/02/09

Le fort du Chesnois : un ancien se souvient
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L'article paru dans notre édition du 24 janvier consacré au fort du Chesnois a ravivé la mémoire d'un homme de 94 ans qui a vécu l'enfer des forts de la ligne Maginot sur La Ferté et au Chesnois.

POOL PELTIER, ancien agriculteur domicilié à Poix-Terron, est un fervent lecteur de notre journal. Il a lu avec attention l'article que nous avons consacré à l'ouverture au public dans quelques mois du fort du Chesnois situé par moitié sur les départements des Ardennes et de la Meuse, à l'initiative du Cercle historique du Chesnois.
Article qui a ravivé la mémoire de cet homme de 94 ans. Il a vécu des moments difficiles pendant la Deuxième Guerre mondiale, notamment au fort de La Ferté, puis au fort du Chesnois.

Ils vont nous avoir !

La première idée qui lui est venue après avoir lu cet article a été de rencontrer les membres du Cercle historique du Chesnois pour leur raconter son vécu dans les ouvrages de la ligne Maginot, l'un érigé sur La Ferté, l'autre sur Montlibert (Ardennes) et de Thonne-le-Thil (Meuse).
De la classe 1936, Pool Peltier a été appelé pour deux ans de service militaire, puis rappelé pour six mois en 1939 à Stenay (Meuse). Il entre d'abord au fort de La Ferté. Au retour d'une courte permission son poste d'obbrvateur d'artillerie était occupé par un autre soldat. Son capitaine gestionnaire l'a alors placé comme observateur au Chesnois, au bloc tourelle B5 puis au bloc B4, qui abritait deux canons de 75mm, sur les terres de Signy-Montlibert (la frontière Meuse-Ardennes passe à l'Est du bloc). Ce qui lui a sauvé la vie puisqu'on le sait, tous les défenseurs qui se trouvaient dans le fort de La Ferté y ont laissé la leur.
"De là, j'observe les tirs pour épauler le fort de La Ferté attaqué par les Allemands les 17 et 18 mai 1940" explique Pool Peltier, qui entend le lientenant Bourguignon, commandant le fort de La Ferté, dire à son officier observateur d'artillerie, situé lui aussi dans la cloche du B5 : "Mon capitaine, plus qu'on en tue, plus qu'il en monte ! Mais ils vont nous avoir d'ici peu ! " .

Les 12 et 13 juin 1940, il évacue le fort par la porte du B7 avec un fusil, une musette de cartouches, et une de vivres. Les évacués vont à Bras-sur-Meuse, puis à la Côté du Poivre (sur Verdun) en défense fixe, mais sont débordés par les Allemands que les Polonais "ont laissé passer".

Fait prisonnier


Pool Peltier est évacué dans les Vosges où il sera pris le 18 juin. Ramené à Ebersheim, près de Sélestat, puis à Strasbourg... Il restera prisonnier en Allemagne jusqu'en avril 1940 où il fera des travaux d'agriculture dans les fermes du canton d'Ulm (région sud du Bade).
Sa captivité se passera cependant sans trop de souffrances...
"J'ai été nourri au pain-fromage blanc" se souvient cet habitant de Poix-Terron qui a partagé sa captivité avec des prisonniers russes et polonais.
Lequel ne peut s'empêcher d'ajouter : "Nous étions considérés "comme des riens" par les nazis".

chesnois

A 94 ans, Pool Peltier garde une mémoire intacte de son passage aux forts de La Ferté et du Chesnois.





 

 


 

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