L'UNION - 22 MAI 2000

La traditionnelle cérémonie commémorative des combats de Stonne a été réhaussée, cette année, par la présence de M. Jean-Pierre Masseret, secrétaire d'Etat aux anciens combattans.
De nombreuses personnalités s'étaient réunies autour du mémorial de Stonne, simanche après-midi, à l'occasion du 60ème anniversaire des combats qui firent rage à Stonne, où, entre le 14 mai et le 11 juin 1940, l'Armée Française résista héroïquement à l'envahisseur. Cinquante-quatre carcasses de chars témoigneront de l'âpreté de ces combats.
M. Jean Pierre Masseret, secrétaire d'Etat à la Défense chargé des anciens combattans, avait tenu, cette année, à rendre hommage aux combattans tombés dans les Ardennes. Une visite qui sans nul doute a été considérée comme un grand honneur par les quelque cinquante porte-drapeuax, représentant la plupart des associations patriotiques du département, ainsi que par les anciens combattans très émus eux aussi.
"Stonne, ce fut un deuxième Verdun... Trois semaines d'enfer" se souvenait l'un d'eux, qui avait précisément vécu ce cauchemar de feu et de sang.
Accueilli par M. Claude Lefèvre, maire de Stonne, M. Pierre Baraton, préfet des Ardennes, le colonel Roze, délégué militaire départemental et M. Robert Leclercq, président de l'association "Ardennes 40", M Jean Pierre Masseret a tout d'abord passé les troupes en revue, avant de saluer les nombreuses personnalités et de déposer une gerbe au pied du mémorial.
"La présence de Monsieur le Ministre en ces lieux donne à cette cérémonie l'ampleur qu'elle mérite" devait déclarer M. Leclercq, alors qu'une pluie battante se mettait à tomber.
"Ces dramatiques événements de mai 40 sont peu connus, mais il faut savoir que, pour retarder l'avancée de l'ennemi de 29 jours, des milliers d'hommes sont tombés ici (...) Toutefois, ce monument témoigne de notre esprit de tolérance et de notre volonté de réconciliation (...) Il faut savoir être attentif au passé afin d'en tirer des leçons"

Droits et devoirs
Le secrétaire d'Etat devait ensuite déclarer: "Il est effectivement important de que l'on n'oublie pas le sacrifice, le courage, l'abnégation ,et souvent l'héroïsme de nos soldats. Je voudrais aujourd'hui, avec le plus grand respect, rendre hommage à leur mémoire. N'oublions pas que mai 40 s'est soldé par 120.000 morts et environ 200.000 blessés (...)"
"L'important, c'est le sens de cette histoire, même si pour les jeunes générations, cela peut paraître presque de la préhistoire. Certes, nous vivons dans une société moderne, technique, technologique... Mais, aucune société ne peut fonctionner sans être attachée à des valeurs. Quoi de mieux que la Liberté, la Fraternité et l'Egalité pour appréhender l'avenir?"
Jean-Pierre Masseret devait également souligner le que "ceux qui avaient vaincu la barbarie nazie avaient ensuite su tendre la main afin de construire l'Europe d'Aujourd'hui"
Et de conclure : "Notre rôle est d'amener les jeunes à la citoyenneté afin qu'ils soient capables de faire vivre les valeurs de la République (...) Une société, c'est un juste équilibre de droits et de devoirs".
Le représentant du ministre remit ensuite la croix de chevalier de la Légion d'honneur à Mme Hélène Guillemain-Sappey, qui s'engagea corps et âme dans la Résistance dès le début des hostilités, à savoir bien avant "l'Appel du 18 juin".
Cette visite ministérielle s'est achevée par le tradionnel "pèlerinage" sur la butte de Stonne.

Le public a dû braver des conditions météorologiques détestables pour assister à cette cérémonie.