{"id":47,"date":"2013-03-17T11:42:59","date_gmt":"2013-03-17T10:42:59","guid":{"rendered":"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/?page_id=47"},"modified":"2023-07-11T11:26:14","modified_gmt":"2023-07-11T10:26:14","slug":"temoignages","status":"publish","type":"page","link":"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/?page_id=47","title":{"rendered":"T\u00e9moignages"},"content":{"rendered":"<p><a name=\"top\"><\/a><br \/>\nCe chapitre vous propose les sujets suivants :<br \/>\n<a href=\"#texte7\">Le 210\u00b0 RI sacrifi\u00e9 \u00e0 THELONNE<\/a><br \/>\n<a href=\"#texte1\">T\u00e9moignage de Germaine L&rsquo;herbier Montagnon<\/a><br \/>\n<a href=\"#texte2\">Rapport d&rsquo;Henri Michard<\/a><br \/>\n<a href=\"#texte3\">L&rsquo;enfer du Mont Damion<\/a><br \/>\n<a href=\"#texte4\">T\u00e9moignage d&rsquo;Etienne Le Gall<\/a><br \/>\n<a href=\"#texte5\">L\u2019abb\u00e9 Hubert au service des morts au combat<\/a><br \/>\n<a href=\"#texte6\">Martyrologue des populations frontali\u00e8res en ao\u00fbt 1914<\/a><br \/>\n<a href=\"#texte8\">21\u00b0 RMVE &#8211; Levons le voile sur les \u00e9trangers de NOIRVAL (Ardennes) !<\/a><br \/>\n<a href=\"#texte9\">Connaissez-vous \u201cla ligne du F\u00fchrer \u201c ?<\/a><\/p>\n<p>Le verrou des Cendri\u00e8res<\/p>\n<hr width=\"50%\" \/>\n<h2><a name=\"texte7\"><\/a><span style=\"color: red;\">Le 210\u00b0 RI sacrifi\u00e9 \u00e0 THELONNE &#8211; Extrait du bulletin n\u00b075, mai 2016<\/span><\/h2>\n<p>La rapide perc\u00e9e de Sedan reste impr\u00e9gn\u00e9e de myst\u00e8re et tout n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 dit. Tout le monde s&rsquo;accorde pour consid\u00e9rer que les causes essentielles viennent du grand \u00e9tat-major. Il est \u00e9tabli que de nombreux avertissements ont \u00e9t\u00e9 re\u00e7us en temps utile pour entra\u00eener des r\u00e9actions concernant la DCA, les antichars, la dotation en postes radio pour les liaisons fondamentales, la formation etc&#8230; Le 13 mai, l&rsquo;introduction tardive de la 71\u00e8me Division d&rsquo;Infanterie entre la 55\u00b0 DI et la 3\u00b0 DINA a totalement perturb\u00e9 la d\u00e9fense face \u00e0 Sedan. Les archives du 120\u00b0 R\u00e9giment d&rsquo;Infanterie sont \u00e9clairantes : pendant des mois on le prom\u00e8ne de Mouzon \u00e0 Ch\u00e9mery, Yoncq, Mont Saint Remy, Challerange. Changement de commandant le 18 avril : 3 semaines avant l&rsquo;attaque (attendue!).<\/p>\n<p>C&rsquo;est le <strong>13 mai<\/strong> (jour du passage de la Meuse) qu&rsquo;il est affect\u00e9 \u00e0 la d\u00e9fense de Thelonne-Noyers, face \u00e0 la Meuse de Bazeilles! La rel\u00e8ve des unit\u00e9s de la 55\u00b0 DI se fait sous les nu\u00e9es de Stuka pourchassant tout ce qui bouge. Manque de v\u00e9hicules, manque de motos, manque d&rsquo;instruction militaire (plusieurs fois refus\u00e9e), manque de moyens de communication modernes donc manque de liaison et d&rsquo;information, manque de mines, manque d&rsquo;outils, de fil barbel\u00e9&#8230; Pas d&rsquo;ouvrages b\u00e9tonn\u00e9s, pas de tranch\u00e9es&#8230;Un groupe de mitrailleuses (11\u00b0 BM) est remplac\u00e9 par un groupe de Fusils Mitrailleurs (efficacit\u00e9 moindre).<\/p>\n<p>En fin de journ\u00e9e, alors qu&rsquo;ils s&rsquo;installent, ils voient la masse des troupes allemandes arriver de Bazeilles. Des blind\u00e9s sont signal\u00e9s sur la route de Vouziers d\u00e8s 19h45. Mais les 3 bataillons du r\u00e9giment ont en tout et pour tout <strong>6 canons de 25<\/strong> pour arr\u00eater les chars ennemis&#8230; Le 14 mai, vers 10 h c&rsquo;est l&rsquo;attaque par blind\u00e9s (chars et automitrailleuses) et par l&rsquo;infanterie. Moyens de liaison avec le PC, avec les groupes d&rsquo;artillerie ? Une moto, qui d\u00e9truite, est remplac\u00e9e par un v\u00e9lo qui dispara\u00eet, puis par des coureurs que les Stuka prennent pour cible : rien de s\u00e9rieux. Rien \u00e0 manger non plus, aucun ravitaillement les 13 et 14&#8230;<\/p>\n<p>Au cours de la matin\u00e9e du 14 mai, le II\u00b0 Bataillon fait face \u00e0 15 chars et une nu\u00e9e de fantassins. Thelonne est assailli. Quasiment encercl\u00e9es, nos troupes parviennent difficilement \u00e0 se replier, puis \u00e0 gagner les bois et \u00e0 atteindre le point de ralliement Yoncq. Il ne reste que 19 hommes \u00e0 la 6\u00b0 Compagnie, 61 \u00e0 la 7\u00b0, 113 \u00e0 la 5\u00b0. Voici ce qu&rsquo;\u00e9crit le Capitaine GABREAU, commandant ce II\u00b0 Bataillon :<\/p>\n<blockquote><p>\u00ab\u00a0Que le 2\u00b0 bataillon du 120\u00b0 RI ait \u00e9t\u00e9 \u00e9cras\u00e9 \u00e0 la bataille de Thelonne, le haut commandement l&rsquo;avait pr\u00e9vu, il est vrai. Le g\u00e9n\u00e9ral HUNTZIGER n&rsquo;avait-il pas, en effet, dans les premiers jours du mois de mai 40, lors de la deuxi\u00e8me s\u00e9ance de l&rsquo;exercice de cadres qui s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9 dans la r\u00e9gion de Bulson, d\u00e9clar\u00e9 que ces premi\u00e8res positions ne pouvaient contenir l&rsquo;attaque d&rsquo;une Panzer Division, et de son c\u00f4t\u00e9, le g\u00e9n\u00e9ral GRANDSART n&rsquo;avait pas cach\u00e9 que les bataillons appel\u00e9s \u00e0 supporter le premier choc devraient \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme sacrifi\u00e9s, mais les combattants, eux, comptaient pouvoir arr\u00eater<br \/>\nplus longtemps l&rsquo;avance allemande, et ils eussent pu le faire s&rsquo;ils ne s&rsquo;\u00e9taient pas trouv\u00e9s dans la lutte, abandonn\u00e9s \u00e0 leurs seuls moyens qui n&rsquo;\u00e9taient m\u00eame pas les moyens organiques dont l&rsquo;unit\u00e9 aurait d\u00fb r\u00e8glementairement disposer. Au surplus, les causes de l&rsquo;\u00e9crasement en quelques heures de ce bataillon peuvent par ordre d&rsquo;importance, \u00eatre class\u00e9es comme suit :<\/p>\n<p>1- Absence totale d&rsquo;aviation amie<br \/>\n2- Manque de moyens antichars<br \/>\n3- D\u00e9faillance de l&rsquo;artillerie<br \/>\n4- Attaques de nos postes par derri\u00e8re<br \/>\n5- Organisation \u00e0 peine \u00e9bauch\u00e9e du terrain<br \/>\n6- Insuffisance d&rsquo;effectif<\/p>\n<p>&#8230;Ancien combattant de 1914\/1\/18, j&rsquo;atteste que les combattants de Thelonne ne pouvaient, dans cette lutte in\u00e9gale qui opposait des poitrines \u00e0 du mat\u00e9riel terrestre et volant, faire davantage et en 1914\/1918, il n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 fait mieux\u00a0\u00bb<\/p><\/blockquote>\n<p>Que dire de plus et de mieux que ce t\u00e9moignage montrant que les militaires de 1940 se sont battus et bien battus ?<br \/>\nMais il reste une \u00e9nigme : conscients de la situation, pourquoi ce sous-\u00e9quipement volontaire ? Serait-ce pour ne pas retarder l&rsquo;ennemi ?<\/p>\n<p>Michel Baudier<\/p>\n<hr width=\"50%\" \/>\n<h2><a name=\"texte1\"><\/a><span style=\"color: red;\">LE PAYS D\u00c9VAST\u00c9 &#8211; Extrait de <span style=\"text-decoration: underline;\">Disparus dans le ciel<\/span> de Germaine L\u2019HERBIER MONTAGNON<\/span><\/h2>\n<p>\u00ab\u00a0Quand au printemps 1941 je vins enqu\u00eater dans ce pays, je le trouvai un des plus pitoyables de cette r\u00e9gion massacr\u00e9e.<br \/>\nD&rsquo;ailleurs, depuis Le Chesne jusqu&rsquo;\u00e0 Stonne, tous les villages \u00e9taient mutil\u00e9s et d\u00e9serts. L&rsquo;herbe commen\u00e7ait \u00e0 pousser dans les couloirs des maisons. Des loques, restants de rideaux, flottaient parfois encore aux fen\u00eatres ; un portait \u00e9tait accroch\u00e9 au mur, une couronne de mari\u00e9e sur la chemin\u00e9e, des d\u00e9bris de mobiliers demeur\u00e9s suspendus dans des maisons dont la fa\u00e7ade \u00e9croul\u00e9e livrait l&rsquo;intimit\u00e9&#8230;<br \/>\nAux Grandes Armoises, je me demandais vraiment \u00e0 qui j&rsquo;allais pouvoir m&rsquo;adresser pour obtenir des renseignements sur l&rsquo;avion POTEZ 63 que des rapports de gendarmerie m&rsquo;avaient signal\u00e9 abattu, lorsque je vis un homme, \u00e0 l&rsquo;air rustique, qui fumait sa pipe, assis sur une marche de sa maison r\u00e9cemment r\u00e9par\u00e9e&#8230;.<br \/>\n&#8211; Vous tombez bien, je suis le maire allemand, me r\u00e9pondit-il&#8230;<br \/>\nLe maire voulut bien nous accompagner pour aller examiner en for\u00eat l&rsquo;avion abattu. Il siffla son chien, roula quelques sacs vides, les passa en bandouli\u00e8re sur son dos.<br \/>\nDe son pas de sanglier ardennais, il avan\u00e7ait rapidement sans s&rsquo;occuper de nous. Il faisait chaud. Nous nous essoufflions \u00e0 grimper les c\u00f4tes, \u00e0 ramper sous des branches, \u00e0 nous agripper aux pierres, \u00e0 franchir des ruisseaux. Nous glissions ; nos mains et nos visages \u00e9taient d\u00e9chir\u00e9s, nos genoux \u00e9corch\u00e9s par des chutes fr\u00e9quentes&#8230;<br \/>\nEnfin, l&rsquo;avion \u00e9cras\u00e9 nous apparut : c&rsquo;\u00e9tait un bimoteur anglais, immatricul\u00e9 K-9343.<br \/>\nPas de s\u00e9pultures dans le voisinage.<br \/>\n-Y&rsquo;a pas de tombes, y&rsquo;a jamais de tombes par ici ; on va chercher les morts, dit le maire.<br \/>\nIl \u00e9cartait les branches et regardait le sol ; il remuait des ferrailles et des amas de feuilles&#8230;<br \/>\n&#8211; venez voir, en v&rsquo;l\u00e0 un de vos aviateurs !<br \/>\nLe cadavre \u00e9tait l\u00e0, couch\u00e9. Il n&rsquo;\u00e9tait plus qu&rsquo;un squelette, miraculeusement respect\u00e9 par les sangliers l&rsquo;hiver et auquel adh\u00e9raient encore quelques morceaux d&rsquo;uniforme de la R A F.<br \/>\nVainement, je cherchais une pi\u00e8ce d&rsquo;identit\u00e9. Enfin, je trouvais une carte a\u00e9ronautique, \u00e0 demi calcin\u00e9e,&#8230;&#8230; dans le coin gauche, en bas, la signature MOSELEY.<br \/>\nJe recueillais pieusement cette carte, pensant qu&rsquo;en des temps plus humains, je pourrais transmettre \u00e0 une famille en deuil cet inestimable tr\u00e9sor.<br \/>\nM le maire d\u00e9roulait un sac,&#8230; y enfermait le cadavre et le fixait sur son dos.<br \/>\nIl avait l&rsquo;habitude d&rsquo;aller chercher les morts ainsi, ou de les ramener dans sa brouette.<br \/>\nAu fait, il avait raison : dans ce coin de for\u00eat difficilement accessible, il ne pouvait \u00eatre question d&rsquo;apporter un cercueil : on avait d\u00e9j\u00e0 tant de mal \u00e0 se tenir debout&#8230;.<br \/>\nNous v\u00eemes M le Maire scier des planches pour faire une bo\u00eete. Seul alors au service de nos pauvres morts, il devait tout faire : les d\u00e9couvrir, les ramener, leur pr\u00e9parer un cercueil, creuser leur fosse&#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\n<hr width=\"50%\" \/>\n<h2><a name=\"texte2\"><\/a><span style=\"color: red;\">L\u2019ENFER &#8211; Rapport de Henri MICHARD, lieutenant au II\/147\u00b0 RIF et inspecteur \u00e0 Vouziers<\/span><\/h2>\n<p>\u00ab\u00a0J&rsquo;atteins le PC vers 10 h&#8230; le bombardement s&rsquo;intensifie. Je sors du PC. Une vague de bombardiers lourds descend du Nord en formation serr\u00e9e. Elle vire \u00e0 angle droit au-dessus de Donchery et remonte la Meuse en fon\u00e7ant droit sur nous. Les premi\u00e8res torpilles tombent au-del\u00e0 de la route de Vouziers ; les suivantes sur Fr\u00e9nois, puis sur le Bois du Maire . Ce ne sont plus seulement des calibres moyens, mais aussi des 500 et 1000 Kg. Les sifflements et les \u00e9clatements se rapprochent. Ils atteignent le thalweg que nous surplombons&#8230; ils sont sur nous ! Chacun tend le dos, haletant, m\u00e2choires serr\u00e9es ; le terre tremble, semble se disloquer : 5 minutes terribles, les premi\u00e8res, que bien d&rsquo;autres suivront&#8230; une 2\u00e8me vague arrive. Ce n&rsquo;est que le d\u00e9but d&rsquo;un bombardement m\u00e9thodique que nous allons subir SIX heures durant ; aucun objectif ne semble particuli\u00e8rement vis\u00e9 ; c&rsquo;est toute la position qui est syst\u00e9matiquement pilonn\u00e9e.<br \/>\nLe fracas des explosions maintenant domine tout&#8230;. Bruit hallucinant de la torpille dont le sifflement grossit, s&rsquo;approche, se prolonge ; on se sent personnellement vis\u00e9 ; on attend les muscles raidis ; l&rsquo;\u00e9clatement est une d\u00e9livrance. Mais un autre, deux autres, dix autres&#8230; Les sifflements s&rsquo;entrecroisent en un lacis sans d\u00e9chirure ; les explosions se fondent en un bruit de tonnerre discontinu. Lorsqu&rsquo;un instant son intensit\u00e9 diminue, on entend les respirations haletantes. Nous sommes l\u00e0, immobiles, silencieux, le dos courb\u00e9, tass\u00e9s sur nous-m\u00eames, la bouche ouverte pour ne pas avoir le tympan crev\u00e9. L&rsquo;abri oscille. Les secousses font jouer les rondins qui laissent couler un peu de terre par leurs interstices.<br \/>\nLes bombes sont de tous les calibres. Les petites sont l\u00e2ch\u00e9es par paquet. Les grosses ne sifflent pas : en tombant, elles imitent \u00e0 s&rsquo;y m\u00e9prendre le grondement d&rsquo;un train qui s&rsquo;approche. Par deux fois, j&rsquo;ai de v\u00e9ritables hallucinations auditives : je suis dans une gare, un train arrive ; le fracas de l&rsquo;explosion secoue ma torpeur et me ram\u00e8ne brutalement \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9.<br \/>\nLes Stukas se joignent aux bombardiers lourds. Le bruit de sir\u00e8ne de l&rsquo;avion qui pique vrille l&rsquo;oreille et met les nerfs \u00e0 nu. Il vous prend envie de hurler&#8230;.<br \/>\n20 minutes d&rsquo;accalmie vers 14h&#8230; Une nouvelle vague arrive. Et le bombardement reprend et se prolonge deux heures encore, deux heures durant lesquelles nous restons l\u00e0, affal\u00e9s sur les bancs ou \u00e0 m\u00eame le sol, de plus en plus h\u00e9b\u00e9t\u00e9s, de plus en plus enfonc\u00e9s dans notre torpeur. Toutes les lignes t\u00e9l\u00e9phoniques sont coup\u00e9es maintenant. Plus rien n&rsquo;existe, hors notre peur et l&rsquo;univers sonore des \u00e9clatements.<br \/>\nVers 16 h, le bombardement diminue d&rsquo;intensit\u00e9. Les explosions s&rsquo;espacent, s&rsquo;individualisent. Les gros porteurs c\u00e8dent \u00e0 peu pr\u00e8s compl\u00e8tement le ciel aux Stukas. Au pilonnage r\u00e9gulier succ\u00e8de l&rsquo;attaque de points pr\u00e9cis ; mais ce sont les arri\u00e8res surtout qui sont vis\u00e9s : Bulson, Ch\u00e9mery, Noyers, Cheveuges, pour autant qu&rsquo;on puisse en juger. Nous nous levons p\u00e9niblement et sortons du PC. J&rsquo;ai l&rsquo;impression de m&rsquo;\u00e9veiller d&rsquo;un r\u00eave mais de ne pas parvenir malgr\u00e9 mes efforts surhumains, \u00e0 retrouver une pleine conscience. Je suis \u00e0 moiti\u00e9 sourd : j&rsquo;entends comme \u00e0 travers des \u00e9paisseurs d&rsquo;eau qui \u00e9touffent les sons.<br \/>\nPlus rien n&rsquo;existe, hors notre peur et l&rsquo;univers sonore des \u00e9clatements&#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\n<hr width=\"50%\" \/>\n<h2><a name=\"texte3\"><\/a><span style=\"color: red;\">L&rsquo;ENFER DU MONT DAMION &#8211; 17 mai 1940, 6\u00b0 Cie du II\/79<\/span><\/h2>\n<p>\u00ab\u00a0Le II\/79 doit rep\u00e9rer les positions de l&rsquo;ennemi. Le matin, LA BESACE est l&rsquo;enjeu de violents combats, puis \u00e0 13 h arrive l&rsquo;ordre d&rsquo;attaquer le Mont Damion.<br \/>\nC&rsquo;est un jour magnifique. Le soleil inonde la campagne&#8230; Nous, la 6\u00b0 Cie, nous avons \u00e0 s\u00e9curiser le flanc gauche. Nous progressons dans un petit vallon&#8230;..voil\u00e0 que cela commence : ratsch ! bumm ! bumm ! bumm ! Tout le monde avance par petits bonds. Nous atteignons la route&#8230;. une petite pause pour respirer&#8230;L&rsquo;artillerie ennemie tire derri\u00e8re nous, dans le vallon&#8230;Le capitaine fait signe de poursuivre. ..Un bois se trouve 50 m plus loin. Attention ! Tireurs dans les arbres ! crie un chef de section. Nous bondissons dans le bois en essayant de nous camoufler. Patsch ! patsch ! cela vient des tireurs dans les arbres\u2026On ne les voit pas, on ne distingue aucun d\u00e9part de coup.<br \/>\nUn obus \u00e9clate\u2026Chacun cherche instinctivement \u00e0 se prot\u00e9ger.<br \/>\nPas de retard ! En avant ! D&rsquo;un bond, nous sortons du bois et nous nous collons au sol ! Devant nous, c&rsquo;est l&rsquo;enfer ! Les obus \u00e9clatent, les mitrailleuses cr\u00e9pitent&#8230; Wumm ! Encore un obus devant nous qui nous embourbe le visage. Tous sont coll\u00e9s au sol qu&rsquo;ils tentent de creuser. La b\u00eache, jusque-l\u00e0 ustensile encombrant, est devenue sacr\u00e9e. Et les obus pleuvent et les balles sifflent \u00e0 nouveau&#8230;<br \/>\nIci un cri ; l\u00e0-bas, un qui se plie : ils s&rsquo;effondrent&#8230; pauvres camarades ! Debout ! En avant ! pas 3 ou 5 m, non ! 40, 50 m ! Les mitrailleuses ennemies cr\u00e9pitent plus fort&#8230;Debout, agenouill\u00e9s ou allong\u00e9s, nous r\u00e9pliquons.<br \/>\nEn un temps record, la 1 \u00e8re vague atteint la route au pied du Mont Damion.<\/p>\n<p>Maintenant l&rsquo;enfer est d\u00e9cha\u00een\u00e9 ! Et nous n&rsquo;avons aucun abri ! Nous sommes allong\u00e9s en plein milieu de la cote 232. Venant des b\u00e2timents d&rsquo;une ferme devant nous et de la for\u00eat \u00e0 gauche, tombant des arbres, cela siffle de partout. Nous faisons feu de toutes nos armes. Nos mitrailleuses tiennent leur discours effr\u00e9n\u00e9.<br \/>\nDevant moi, deux braves camarades s&rsquo;effondrent. Un tir d&rsquo;artillerie an\u00e9antit les servants d&rsquo;un mortier. Partout des cris : Brancardiers ! Au secours ! Nous en avons la chair de poule. Est-ce qu&rsquo;un seul en sortira vivant ?<br \/>\nIl nous faut trouver une protection, sinon nous y resterons tous. Mais o\u00f9 trouver un abri ? Sur cet espace d\u00e9couvert, nous sommes livr\u00e9s \u00e0 l&rsquo;ennemi sans d\u00e9fense. Nous glissons en arri\u00e8re millim\u00e8tre par millim\u00e8tre. Apr\u00e8s 30 m, nous sommes dans un petit vallon. La grande herbe nous cache \u00e0 la vue mais pas plus. Les tirs ne ralentissent pas ! Nous voudrions nous enterrer en creusant avec les ongles&#8230;<br \/>\nEnfin notre artillerie entre en jeu. Nous allons pouvoir respirer ; elle bat les lisi\u00e8res de la for\u00eat. Mais que se passe-t-il ? Apr\u00e8s chaque impact, des appels puissants, d\u00e9chirants et prolong\u00e9s : Brancardiers ! Camarades, au secours ! \u00c0 l&rsquo;aide ! Des g\u00e9missements&#8230;Notre c\u0153ur \u00e9clate presque. La sueur sort par tous les pores de notre peau. Les tirs ennemis redoublent. Les brancardiers r\u00e9cup\u00e8rent les bless\u00e9s au milieu de ces tirs. Wumm ! C\u2019est un obus qui tombe pr\u00e8s de nous. Un casque s&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 la verticale. Mon dieu, est-ce notre fin ?<br \/>\nL&rsquo;attaque s&rsquo;arr\u00eate. L&rsquo;ennemi s&rsquo;est install\u00e9 dans la bande de for\u00eat derri\u00e8re nous et tire sur nous de derri\u00e8re. Aucun secours ne peut nous parvenir. Nous sommes encercl\u00e9s. Et les hommes de la compagnie voisine gisent presque tous morts sur le pr\u00e9. Derri\u00e8re nous, La Besace est en feu. Nous retenons les camarades qui veulent s&rsquo;enfuir.<br \/>\nLes pertes sont effrayantes ! Et c&rsquo;est la m\u00eame chose au III\/79 ! C&rsquo;est un horrible bapt\u00eame du feu !\u00a0\u00bb<\/p>\n<hr width=\"50%\" \/>\n<h2><a name=\"texte4\"><\/a><span style=\"color: red;\">T\u00e9moignage du lieutenant Etienne LE GALL, v\u00e9t\u00e9rinaire au 43\u00b0 R\u00e9giment d&rsquo;Artillerie<\/span><\/h2>\n<p>Pendant sa captivit\u00e9 (22 juin 1940 &#8211; 28 octobre 1940), \u00c9tienne Le Gall a r\u00e9dig\u00e9 ce texte (non dat\u00e9, d&rsquo;archives familiales) pour r\u00e9tablir ce qu\u2019il appelle \u00ab la v\u00e9rit\u00e9 historique \u00bb.<br \/>\n\u00ab\u00a0Une mise au point : On s\u2019inqui\u00e8te dans les camps des prisonniers des Arm\u00e9es de l\u2019Est d\u2019un \u00e9tat d\u2019esprit qui semble s\u2019implanter en France, tendant \u00e0 consid\u00e9rer comme des h\u00e9ros ceux qui ont pu se d\u00e9gager tandis que ceux qui ont \u00e9t\u00e9 faits prisonniers seraient des imb\u00e9ciles ou des l\u00e2ches.<br \/>\nOr c\u2019est le contraire qui est la v\u00e9rit\u00e9 historique, ceux qui ont fui (quelquefois par ordre, souvent par l\u00e2chet\u00e9) ont d\u00e9couvert de ce fait leurs camarades qui se sont battus jusqu\u2019au bout, m\u00eame encercl\u00e9s, et qui n\u2019ont \u00e9t\u00e9 captur\u00e9s qu\u2019\u00e0 bout de forces, de vivres et de munitions ; mais les absents ont toujours tort et les prisonniers ne sont pas l\u00e0 pour r\u00e9tablir la v\u00e9rit\u00e9.<br \/>\nLes troupes qui ont pu arriver dans leur recul devant l\u2019ennemi jusqu\u2019\u00e0 la zone non occup\u00e9e doivent \u00eatre souvent celles qui ont fui le plus vite en combattant le moins. D\u2019apr\u00e8s les renseignements fragmentaires re\u00e7us par les prisonniers, les camarades sur le sort desquels ils s\u2019inqui\u00e9taient et qui ont fui jusqu\u2019\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur sont glorifi\u00e9s, m\u00eame d\u00e9cor\u00e9s, ce qui laisse entendre que le fait de s\u2019\u00e9chapper pr\u00e9cipitamment du combat est une prime \u00e0 l\u2019honneur et non un acte justifiant sanction infamante.<br \/>\nPar contre le gouvernement se tait sur le sort des prisonniers de guerre ; ni un mot d\u2019encouragement pour l\u2019avenir, ni m\u00eame une sollicitude quelconque pour les efforts pass\u00e9s. Rien sur leur lib\u00e9ration. Aucun effort fait en vue d\u2019am\u00e9liorer leur situation mat\u00e9rielle (notamment, depuis le 22 juillet, les autorit\u00e9s militaires allemandes ont interdit jusqu\u2019\u00e0 nouvel ordre l\u2019envoi par les prisonniers de toute correspondance).<br \/>\nOr, il faut le r\u00e9p\u00e9ter bien haut, les troupes de l\u2019arm\u00e9e de l\u2019Est ont \u00e9t\u00e9 plac\u00e9es dans une situation d\u00e9licate par des ordres sup\u00e9rieurs (repli sur ordre \u00e0 cause de l\u2019effondrement du front de Champagne), ont \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9es \u00e0 elles-m\u00eames et se sont battues avec h\u00e9ro\u00efsme jusqu\u2019\u00e0 l\u2019armistice. En ce qui concerne la IIe arm\u00e9e, les trois corps d\u2019arm\u00e9e qui la composaient ont \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9s par le g\u00e9n\u00e9ral commandant cette arm\u00e9e (g\u00e9n\u00e9ral Freydenberg) et son \u00e9tat-major, qui n\u2019a plus exerc\u00e9 de commandement r\u00e9el depuis le d\u00e9but de la retraite ex\u00e9cut\u00e9e par ordre. Il a fallu qu\u2019un g\u00e9n\u00e9ral de corps d\u2019arm\u00e9e (g\u00e9n\u00e9ral Flavigny) pr\u00eet de sa propre initiative la responsabilit\u00e9 de la coordination des mouvements de ces trois corps d\u2019arm\u00e9e.<br \/>\nLes troupes de ces trois corps d\u2019arm\u00e9e qui, envoy\u00e9es en haute Argonne, au sud de Sedan, pour arr\u00eater l\u2019ennemi, apr\u00e8s franchissement de la Meuse le 13 mai, avaient ex\u00e9cut\u00e9 cette mission au prix de contacts tr\u00e8s durs, durant plusieurs semaines, se sont, durant la retraite aussi, d\u00e9pens\u00e9es sans compter et, malgr\u00e9 la perte des 4\/5 de leur effectif, ont lutt\u00e9 jusqu\u2019au bout sans jamais d\u00e9sesp\u00e9rer.<br \/>\nSi ces troupes sont aujourd\u2019hui plac\u00e9es dans une situation qui para\u00eet normalement ignominieuse (comme l\u2019implique toujours le mot de prisonnier), c\u2019est en raison des ordres sup\u00e9rieurs re\u00e7us.<br \/>\nLes prisonniers de guerre de l\u2019arm\u00e9e de l\u2019Est et de la IIe arm\u00e9e se r\u00e9servent \u00e0 leur retour de mettre hautement ces choses au point, de revendiquer dans la d\u00e9b\u00e2cle g\u00e9n\u00e9rale la part de gloire qui revient presque seulement \u00e0 eux et de se pr\u00e9senter en accusateurs de certaines personnalit\u00e9s militaires.<br \/>\nIl y aurait int\u00e9r\u00eat \u00e0 ce que le gouvernement, par la voie de la T.S.F. et de la presse, exprime devant tout le pays, \u00e0 l\u2019\u00e9gard des prisonniers de guerre de ces arm\u00e9es, une attention qui ne devrait pas \u00eatre neutre, mais au contraire pleine de reconnaissance.\u00a0\u00bb<\/p>\n<hr width=\"50%\" \/>\n<h2><a name=\"texte5\"><\/a><span style=\"color: red;\"><strong>Une situation in\u00e9dite dans notre histoire, un t\u00e9moignage \u00e9difiant !<\/strong><\/span><\/h2>\n<p><em>Des militaires, morts au Champ d&rsquo;Honneur du 15 mai au 10 juin 1940, abandonn\u00e9s sur place jusqu&rsquo;en mai-juin 1941 (UN AN !!) par l&rsquo;\u00c9tat Fran\u00e7ais qui ne cessait de les ridiculiser (fuyards, soiffards, couards, etc&#8230;).<br \/>\nSon Chef \u00e9tait le mar\u00e9chal PETAIN, le secr\u00e9taire d&rsquo;\u00c9tat \u00e0 la Guerre \u00e9tait HUNTZIGER, leur ancien g\u00e9n\u00e9ral<\/em><\/p>\n<p><em>Extrait d&rsquo;article paru dans le journal L&rsquo;ARDENNAIS en 1949 : <\/em><\/p>\n<p><strong>L\u2019abb\u00e9 Hubert au service des morts au combat<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;abb\u00e9 Marc HUBERT, cur\u00e9 doyen de Tourteron- n\u00e9 le 7 juillet 1902 \u00e0 Charleville-M\u00e9zi\u00e8res- entr\u00e9 au grand s\u00e9minaire de Reims en 1922- ordonn\u00e9 pr\u00eatre en 1927 &#8211; a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 \u00e9conome de l\u2019\u00e9cole apostolique du Waridon (Montcy Notre Dame) de 1927 \u00e0 1931, puis vicaire \u00e0 Carignan de 1931 \u00e0 1936 et cur\u00e9 de Sauville de 1936 \u00e0 1945. Cur\u00e9-doyen de Tourteron depuis 1945.<\/p>\n<p>D\u00e8s mon retour, en janvier 1941, mon attention a \u00e9t\u00e9 attir\u00e9e par la pr\u00e9sence de tombes diss\u00e9min\u00e9es au long des routes, dans les foss\u00e9s, les champs, les bois, signal\u00e9es par des \u00e9bauches de croix de bois, un casque, un fusil ou m\u00eame sans autre indice qu\u2019une terre fraichement remu\u00e9e en forme de tumulus. Tous ces indices indiquant l\u2019emplacement d\u2019un corps risquaient de disparaitre rapidement par la coupe des bois, les fouilles des b\u00eates sauvages (sangliers, renards), le parcage du gros b\u00e9tail, la remise en culture.<\/p>\n<p>Le service de l\u2019\u00e9tat militaire en \u00e9tait seulement \u00e0 ses d\u00e9buts d\u2019organisation dans la zone interdite et manquait de main d\u2019\u0153uvre et de moyens mat\u00e9riels. Les rares habitants des communes et leurs maires provisoires n\u2019avaient ni autorit\u00e9, ni le temps, ni la comp\u00e9tence, ni l\u2019emprise sur soi-m\u00eame pour entreprendre le travail des exhumations d\u00e9licat et r\u00e9pugnant1 \u00e0 la nature. D\u2019autre part, les lettres angoiss\u00e9es des familles sans nouvelles de leurs militaires depuis mai 1940 arrivaient de plus en plus nombreuses dans les mairies, chez les particuliers, demandaient qu\u2019on cherche parmi les morts ceux que d\u2019autre part elles esp\u00e9raient encore vivants.<br \/>\nS\u2019il fallait faire vite pour toutes ces raisons, il fallait faire bien aussi, car, en exhumant un corps, il \u00e9tait plus facile de m\u00e9langer \u00e0 la terre ou de d\u00e9truire les pi\u00e8ces d\u2019identit\u00e9 que de les trouver, recueillir et d\u00e9chiffrer.<br \/>\nIl m\u2019est apparu d\u00e8s le premier moment qu\u2019<em>enterrer dignement ces morts<\/em> rentrait dans mon devoir sacerdotal et c\u2019\u00e9tait aussi faire \u0153uvre patriotique. Si je pouvais le faire, je devais le faire.<br \/>\nJ\u2019ai obtenu de l\u2019\u00c9tat-Civil militaire des Ardennes, d\u00e8s mars 1941, un ordre de mission pour exhumer, identifier, d\u00e9poser dans un cercueil, r\u00e9-inhumer, regrouper en cimeti\u00e8res tous les corps situ\u00e9s dans les champs et les fosses communes d\u2019un certain nombre de villages apr\u00e8s entente avec les maires respectifs, d\u2019o\u00f9, au cours des quatre ann\u00e9es d\u2019occupation, j\u2019ai effectu\u00e9 officiellement <strong>six cents exhumations et r\u00e9-inhumations<\/strong> dont j\u2019ai transmis les proc\u00e8s-verbaux \u00e0 l\u2019\u00c9tat-Civil militaire des Ardennes. Ces op\u00e9rations ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9es <em>sur quarante-cinq communes du centre et du sud des Ardennes<\/em>.<br \/>\nSur ces 600 exhumations, 418 concernaient des corps \u00e0 relever, <strong>l\u00e0 o\u00f9 ils avaient \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9s sur le champ de bataille<\/strong>. Or j\u2019ai pu en identifier <strong>94%<\/strong>. Un tel pourcentage d\u2019identification n\u2019a pu \u00eatre obtenu que par une volont\u00e9 tendue d\u2019obtenir un r\u00e9sultat. Il a fallu, pour un certain nombre de corps, une attention soutenue, une grande initiative, des d\u00e9marches, des renseignements sur des regroupements afin d\u2019arriver \u00e0 une certitude non seulement morale mais formelle.<br \/>\nQuant au reste des exhumations, soit 182, que j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9es officiellement, ces op\u00e9rations ont \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9es par l\u2019\u00c9tat-Civil militaire pour contr\u00f4ler le travail fait pr\u00e9c\u00e9demment un peu partout afin de rechercher sur les inconnus quelques signes d\u2019identit\u00e9 ; 10% ont pu \u00eatre ainsi identifi\u00e9s parmi ceux qui avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9s inconnus.<\/p>\n<p>En dehors de ces travaux ex\u00e9cut\u00e9s sur ordre de mission, j\u2019ai effectu\u00e9 officieusement un grand nombre d\u2019autres exhumations soit pour aider certains maires qui avaient entrepris dans leur commune ce m\u00eame travail, soit pour permettre aux familles de reconna\u00eetre le corps des leurs (l\u00e0 o\u00f9 il restait un certain doute) ou pour d\u00e9poser le corps dans le cercueil choisi par la famille.<\/p>\n<p><strong>Moyens d\u2019ex\u00e9cution mat\u00e9riels et financiers<\/strong><br \/>\nJe n\u2019ai jamais eu qu\u2019un seul homme \u00e0 mon service pour tous ces travaux, condition n\u00e9cessaire pour porter toute l\u2019attention sur chaque corps et sauvegarder les indices d\u2019identit\u00e9. Ce qui signifie que souvent j\u2019ai d\u00fb travailler la terre moi-m\u00eame, prendre le corps de mes propres mains pour le sortir des fosses, porter avec mon seul homme tous les cercueils parfois sur de grandes distances. Travail p\u00e9nible au d\u00e9but ; les corps \u00e9taient encore entiers et les v\u00eatements impr\u00e9gn\u00e9s d\u2019eau, travail r\u00e9pugnant vu l\u2019\u00e9tat de d\u00e9composition, travail parfois dangereux car la pioche pouvait frapper sur des grenades se trouvant dans les v\u00eatements du cadavre.<br \/>\nDans les d\u00e9buts, j\u2019ai d\u00fb faire abattre des arbres, les transformer en planches, faire faire des cercueils et faire transporter ceux-ci \u00e0 pied d\u2019\u0153uvre, parfois 25km.<br \/>\nJ\u2019ai pu me servir de mon auto pour mes d\u00e9placements personnels, mais toujours \u00e0 mes frais.<br \/>\nTous mes frais de main d\u2019\u0153uvre, de d\u00e9placement, de cercueils, de croix et d\u2019inscription \u00e9taient \u00e0 solder par moi. L\u2019Etat Civil militaire avait un tarif minimum et maximum, alors que j\u2019avais en plus tous les gros frais d\u2019auto.<\/p>\n<p><strong>Constitution de cimeti\u00e8res et de carr\u00e9s militaires<\/strong><br \/>\nJ\u2019ai group\u00e9 les corps dans quelques cimeti\u00e8res communaux qu\u2019il a fallu am\u00e9nager en partie ou en totalit\u00e9. En particulier, je suis le fondateur du cimeti\u00e8re militaire du Mont Dieu (195 tombes \u2013 et j\u2019en ai assur\u00e9 l\u2019entretien jusqu\u2019\u00e0 mon changement de domicile en 1945).<\/p>\n<p><strong>Recherche de corps<\/strong><br \/>\nCe fut une pr\u00e9occupation tr\u00e8s grande et n\u00e9cessitant une multitude d\u2019heures de marche toujours p\u00e9nibles et souvent infructueuses.<br \/>\nToutes les tombes provisoires n\u2019\u00e9taient pas signal\u00e9es et dans les bois en particulier, il devenait de plus en plus difficile de les trouver. A cet effet, j\u2019ai fait grouper les renseignements, me suis procur\u00e9 des plans d\u00e9taill\u00e9s, fournis par les militaires survivants et ai consacr\u00e9 une grande partie de mes temps libres \u00e0 la recherche de ces corps.<br \/>\nSouvent, j\u2019ai fait moi-m\u00eame ou fait faire des fouilles et je continue jusque cette ann\u00e9e 1949, quand les plans me sont envoy\u00e9s.<br \/>\nDans les bois du Mont Dieu, il reste encore <em>une vingtaine de corps \u00e0 retrouver<\/em>.<\/p>\n<p><strong>Renseignements aux familles<\/strong><br \/>\nS\u2019il appartenait aux services officiels d\u2019avertir les familles de la d\u00e9couverte et de l\u2019emplacement du corps des leurs, j\u2019ai re\u00e7u un millier de lettres de familles demandant des renseignements et des pr\u00e9cisions auxquelles j\u2019eus \u00e0 r\u00e9pondre en apportant quelque consolation. D\u2019ailleurs les familles consid\u00e9raient comme une garantie d\u2019identification le fait de savoir que les leurs avaient \u00e9t\u00e9 relev\u00e9s par un pr\u00eatre.<br \/>\nCependant, je me suis toujours abstenu, lors de l\u2019inhumation de toute c\u00e9r\u00e9monie religieuse par respect des opinions des familles et de leurs morts, sauf demande formelle des dites familles.<\/p>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, pendant les quatre ann\u00e9es d\u2019occupation, j\u2019ai consacr\u00e9 mon temps, mes forces physiques et morales et mes ressources \u00e0 l\u2019\u0153uvre des militaires morts sur les champs de bataille des Ardennes.<\/p>\n<p><em>Pour l\u2019authenticit\u00e9 de mes d\u00e9clarations, j\u2019indique comme r\u00e9f\u00e9rences :<br \/>\n&#8211; M REY, Inspecteur de l\u2019Etat Civil militaire alors en r\u00e9sidence \u00e0 Bar le Duc (Meuse)<br \/>\n&#8211; le chef de secteur et le personnel de l\u2019\u00c9tat-Civil militaire des Ardennes \u00e0 Charleville (Ardennes)<br \/>\n&#8211; le commandant FERON, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral pour les Ardennes du Souvenir Fran\u00e7ais demeurant \u00e0 Voncq (Ardennes)<br \/>\n&#8211; M Michel FAUQUEUX 1 bis rue Cl\u00e9ment Paris VIII\u00b0<br \/>\n&#8211; M FLON, pr\u00e9sident de l\u2019amicale du 67\u00b0 RI, 5 rue Pierre Cherrest, Neuilly sur Seine<br \/>\n&#8211; le g\u00e9n\u00e9ral BERTIN BOUSSU, ancien commandant de la 3\u00e9me Division d\u2019Infanterie Motoris\u00e9e<br \/>\n&#8211; le colonel GALLINI ancien commandant du 14\u00b0 GRCA, 27 boulevard Saint-Germain,<br \/>\nParis 5\u00b0<br \/>\n&#8211; Mme LHERBIER, infirmi\u00e8re pilote de la Croix Rouge, 21 rue Fran\u00e7ois 1er, Paris<br \/>\n&#8211; le colonel MARC, commandant la 3\u00e9me Brigade de Spahis de La Horgne, 32 rue des Vignes, Paris 16\u00b0<br \/>\n&#8211; le lieutenant BLARDA du 93\u00b0GRDI, 25 rue de Bordeaux, P\u00e9rigueux (Dordogne)<br \/>\n&#8211; Messieurs les maires de toutes les communes o\u00f9 j\u2019ai op\u00e9r\u00e9<br \/>\n&#8211; des centaines de familles de disparus dont je puis fournir noms et adresses<\/em><\/p>\n<p>Fait \u00e0 Tourteron, le 28 f\u00e9vrier 1949<\/p>\n<p>Marc HUBERT<\/p>\n<p>PS : Marc Hubert avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9mobilis\u00e9 le 14 juillet 1940<\/p>\n<hr width=\"50%\" \/>\n<h2><a name=\"texte6\"><\/a><span style=\"color: red;\">L\u2019invasion de 1914 : MARTYROLOGUE de la population frontali\u00e8re<\/span><\/h2>\n<p>\u00ab 95 % des Fran\u00e7ais ignorent totalement ce que fut ce martyrologue d\u2019ao\u00fbt 1914 &#8230;. Pourquoi avoir pass\u00e9 sous silence, en 1914-1918, les localit\u00e9s martyres, les multiples Oradour, tel Audun le Roman,Longuyon, Rouvres, Nom\u00e9ny, Gerb\u00e9viller, Fresnois la Montagne,Margny,etc&#8230;\u00bb.<br \/>\n&#8230;.\u00ab Les troupes assassinaient, pillaient et incendiaient sur ordres sup\u00e9rieurs. \u00bb&#8230;. \u00ab Des officiers suppl\u00e9aient parfois les hommes h\u00e9sitants et assassinaient eux-m\u00eames femmes et enfants \u00bb&#8230;&#8230;. \u00ab\u00a0ce fut le d\u00e9cha\u00eenement brutal de toutes les violences : la fusillade, l\u2019\u00e9gorgement, le viol, l\u2019incendie, le pillage effr\u00e9n\u00e9. Ce fut la fureur de la cur\u00e9e, telle que la voulait l\u2019autorit\u00e9 supr\u00eame allemande pour terroriser l\u2019adversaire et le contraindre \u00e0 implorer la paix. \u00bb<br \/>\nLa majorit\u00e9 des faits se sont produits entre le 20 et le 26 ao\u00fbt 1914.<br \/>\nUne commission d\u2019enqu\u00eate a \u00e9tudi\u00e9 ces faits dont le triste bilan concerne cent localit\u00e9s de l\u2019Est : 7 000 immeubles incendi\u00e9s &#8211; 4 600 fusill\u00e9s et massacr\u00e9s.<\/p>\n<p>Des faits ignor\u00e9s de beaucoup !<\/p>\n<p>LONGUYON : Le 24 ao\u00fbt : Immeubles incendi\u00e9s &#8211; tirs sur les civils dans la rue, dans les maisons, dans les caves. Bless\u00e9s jet\u00e9s dans les flammes &#8211;<br \/>\n213 immeubles br\u00fbl\u00e9s &#8211; 156 civils assassin\u00e9s ou br\u00fbl\u00e9s vifs. A la ferme de Moncel, des bless\u00e9s (30 ou 40) sont tra\u00een\u00e9s dans la cour, recouverts de paille et br\u00fbl\u00e9s vifs.<br \/>\nhameau de No\u00ebrs incendi\u00e9 et tous ses habitants massacr\u00e9s ( 14).<br \/>\nB\u00e2timent des Fr\u00e8res incendi\u00e9 avec tous ceux qui s\u2019y trouvaient : 21 personnes.<br \/>\nSeuls rescap\u00e9s, quelques personnes qui se sont cach\u00e9es dans les jardins.<br \/>\nFRESNOIS la Montagne :<br \/>\n23 ao\u00fbt : village totalement incendi\u00e9 (102 maisons) et tous les habitants pr\u00e9sents massacr\u00e9s (68 personnes).<br \/>\nROUVRES<br \/>\n24 ao\u00fbt 1914 &#8211; village incendi\u00e9, les habitants qui fuient sont abattus ou rejet\u00e9s dans les flammes ; les autres sont tu\u00e9s \u00e0 bout portant, hach\u00e9s \u00e0 coups de sabre ( femmes \u00e9ventr\u00e9es, hommes d\u00e9capit\u00e9s).<br \/>\nMARGNY<br \/>\nCombats entre les troupes du grand duc Albrecht de Wurtemberg et une division d\u2019infanterie coloniale fran\u00e7aise autour de Neufch\u00e2teau en Belgique le 23 ao\u00fbt.<br \/>\nLe 25, les troupes allemandes refluent sur Margny-Herbeuval. 18 personnes sont arr\u00eat\u00e9es et parqu\u00e9es dans un pr\u00e9. Le 26, arrestation de tous les habitants rest\u00e9s au village ; 50 sont enferm\u00e9s dans l\u2019\u00e9glise, 16 hommes rejoignent les 18 arr\u00eat\u00e9s, 17 sont conduits dans la filature de Sainte Marie pr\u00e8s de Margut, le reste est parqu\u00e9 en divers endroits sous bonne garde.<br \/>\nTous les habitants doivent \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9s : 430 personnes ! Elles attendent pendant 36 h pendant que le village est incendi\u00e9. Finalement le grand duc au ch\u00e2teau d\u2019Orval d\u00e9cide de fusiller 1\/10 de la population soit 43 personnes : les 34 parqu\u00e9es (16 + 18) sont abattues . 9 autres sont amen\u00e9es et abattues. Un rescap\u00e9 a \u00e9chapp\u00e9 au coup de gr\u00e2ce.<\/p>\n<p>JARNY<br \/>\n25 ao\u00fbt 1914 : 40 personnes assassin\u00e9es entre le 10 et le 26 ao\u00fbt. 22 immeubles incendi\u00e9s dont l\u2019\u00e9glise.<br \/>\nBAZAILLES<br \/>\nVillage incendi\u00e9 &#8211; hommes rassembl\u00e9s, parqu\u00e9s et fusill\u00e9s : 25 Un b\u00e9b\u00e9 est \u00e9trangl\u00e9 dans son berceau par un soldat.<br \/>\nFILLI\u00c8RES<br \/>\nVillage incendi\u00e9 &#8211; civils pr\u00e9sents tu\u00e9s<br \/>\nMONT SAINT MARTIN<br \/>\nLocalit\u00e9 incendi\u00e9e &#8211; habitants massacr\u00e9s : 16 personnes<br \/>\nREHON<br \/>\nvillage incendi\u00e9 &#8211; 22 personnes fusill\u00e9es<br \/>\nCHENI\u00c8RES<br \/>\nVillage incendi\u00e9 (100 maisons) 25 personnes fusill\u00e9es, dont femmes et enfants<br \/>\nCUTRY<br \/>\nVillage incendi\u00e9 &#8211; 7 hommes fusill\u00e9s, les mains li\u00e9es derri\u00e8re le dos. Femmes et jeunes filles rassembl\u00e9es dans une maison et violent\u00e9es par la troupe sous la menace de ba\u00efonnettes<br \/>\nLANDRES<br \/>\nAssassinats- viols -incendies<br \/>\nSAINT PANCR\u00c9<br \/>\nVillage incendi\u00e9 &#8211; civils abattus ou arros\u00e9es de p\u00e9trole et br\u00fbl\u00e9s vives<br \/>\nGORCY<br \/>\nCivils rencontr\u00e9s tu\u00e9s \u00e0 l\u2019arme blanche : sabre et lance<br \/>\nDONCOURT<br \/>\nVillage incendi\u00e9 &#8211; toutes les personnes rest\u00e9es au pays assassin\u00e9es<br \/>\nAUDUN le Roman<br \/>\n21 ao\u00fbt : incendie de tous les immeubles avec des pastilles incendiaires et des torches : 400 maisons d\u00e9truites. Tout civil rencontr\u00e9 est abattu : 14 personnes. 200 fuient vers \u00c9tain &#8211; 150 sont \u00e9vacu\u00e9es vers Crusnes par un officier allemand parlant le fran\u00e7ais.<br \/>\nGERB\u00c9VILLER<br \/>\n24 ao\u00fbt 1914 : 475 maisons incendi\u00e9s &#8211; 64 personnes massacr\u00e9es certaines(15) affreusement mutil\u00e9es.<br \/>\nNOM\u00c9NY<br \/>\n22 ao\u00fbt 1914 : 75 habitants assassin\u00e9s en quelques heures.<br \/>\nSOMMEILLES<br \/>\nIncendies massacres viols d\u00e9capitation<br \/>\nTRIAUCOURT<br \/>\nIncendies massacres viols<br \/>\nCLERMONT en Argonne<br \/>\n226 maisons incendi\u00e9es &#8211; pillage<\/p>\n<p>la liste n\u2019est pas exhaustive&#8230;.<\/p>\n<p><em>Extrait de : QUARANTE ANS APR\u00c8S par Marcel SAVART S G de la conf\u00e9d\u00e9ration des d\u00e9port\u00e9s &#8211; intern\u00e9s et victimes civiles Guerre de 1914-1918 &#8211; Imprimerie Grandville NANCY 1958. Pr\u00e9face de Me \u00c9mile FOURNIER Conseiller G\u00e9n\u00e9ral de Meurthe et Moselle &#8211; ex Conseiller de la R\u00e9publique &#8211; rapporteur des statuts D\u00e9port\u00e9s au S\u00e9nat<\/em><\/p>\n<p>M\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne en Belgique, pays neutre :<br \/>\nARLON<br \/>\n13 ao\u00fbt 1914 : mise \u00e0 sac de 100 maisons &#8211; amende de 100 000 F &#8211; prise d\u2019otages<br \/>\nFREYLANGE<br \/>\nIncendi\u00e9<br \/>\nETHE<br \/>\nDu 22 au 24 ao\u00fbt 1914 : Incendi\u00e9 (300 maisons) &#8211; 277 habitants fusill\u00e9s<br \/>\nTINTIGNY<br \/>\n22 ao\u00fbt 1914 : incendie &#8211; massacres<br \/>\n<em>extrait de 1914 : La cavalerie allemande en Gaume &#8211; Jean-Claude DELHEZ<\/em><\/p>\n<p>Qui peut croire un instant que vingt ans plus tard, en mai 1940, ces horribles forfaits \u00e9taient oubli\u00e9s ? La lecture de ce document permet de mieux comprendre la rapidit\u00e9 de l\u2019exode des populations belges et du nord-est en mai 40,&#8230;exode qui a donn\u00e9 lieu \u00e0 tant de remarques fielleuses !<\/p>\n<h2><a name=\"texte8\"><\/a><span style=\"color: red;\">21\u00b0 RMVE &#8211; Levons le voile sur les \u00e9trangers de NOIRVAL (Ardennes) !<\/span><\/h2>\n<p>Ceux qui parcourent notre r\u00e9gion tr\u00e8s sobre situ\u00e9 au c\u0153ur du village de combattants \u00e9trangers du 21\u00b0 RMVE Volontaires Etrangers) de mai-juin ont d\u00e9j\u00e0 remarqu\u00e9 ce monument Noirval. Il est consacr\u00e9 aux (R\u00e9giment de Marche des 1940.<br \/>\n<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter wp-image-2337 \" src=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-01-17-\u00e0-21.20.28-177x300.png\" alt=\"\" width=\"135\" height=\"229\" srcset=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-01-17-\u00e0-21.20.28-177x300.png 177w, http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-01-17-\u00e0-21.20.28.png 237w\" sizes=\"auto, (max-width: 135px) 100vw, 135px\" \/><br \/>\n<strong>\u00c9tranger<\/strong> : ce mot sent la poudre, aujourd\u2019hui comme \u00e0 cette \u00e9poque : il \u00e9voque la chasse \u00e0 l\u2019homme, les camps, la mis\u00e8re.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-2339 alignleft\" src=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-01-17-\u00e0-21.20.37.png\" alt=\"\" width=\"264\" height=\"160\" srcset=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-01-17-\u00e0-21.20.37.png 328w, http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-01-17-\u00e0-21.20.37-300x182.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 264px) 100vw, 264px\" \/>En 1938-39, nombre d\u2019exil\u00e9s cherchaient refuge en France : les juifs pers\u00e9cut\u00e9s d\u2019Ukraine, de Pologne, de Hongrie, les r\u00e9publicains espagnols pourchass\u00e9s par le dictateur Franco, les opposants \u00e0 Hitler venant d\u2019Allemagne, d\u2019Autriche, de Tch\u00e9quie, nombre de victimes des r\u00e9gimes dictatoriaux soumettant une part de plus en plus grande d\u2019Europe \u00e0 leur syst\u00e8me liberticide. La France \u00e9tait h\u00e9las gagn\u00e9e par le m\u00eame cancer: les d\u00e9crets-lois de Daladier de 1938-39 r\u00e9actionnaires,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>antisyndicaux, x\u00e9nophobes, anticommunistes et antis\u00e9mites \u00e9taient vot\u00e9es au pr\u00e9texte de \u00ab remettre la France au travail \u00bb, d\u2019un soi-disant p\u00e9ril national et de l\u2019obligation de pr\u00e9parer \u00e0 la guerre. Tous ces expatri\u00e9s venant de toute l\u2019Europe \u00e9taient parqu\u00e9s dans d\u2019inf\u00e2mes camps d\u00e9j\u00e0 nomm\u00e9s \u00ab camps de concentration \u00bb. Un timbre vient de rappeler leur existence avec le camp des Mille.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Issus pour beaucoup de ces camps, nombre de ces \u00e9trangers s\u2019engag\u00e8rent comme volontaires pour aider la France \u00e0 combattre et vaincre le nazisme. Deux r\u00e9giments furent form\u00e9s : le 21\u00b0 le 29 septembre 1939 et le 22\u00b0 RMVE le 24 octobre 1939 (un 23\u00b0 RMVE fut m\u00eame constitu\u00e9 en mai 1940). Le 21\u00b0 RMVE fut rattach\u00e9 \u00e0 la 35\u00b0 Division d\u2019Infanterie du g\u00e9n\u00e9ral Decharme charg\u00e9e de relever la 3\u00b0 DIM sur le secteur Le Chesne-Oches \u00e0 compter du 25 mai. Le 21\u00b0 RMVE assurait la d\u00e9fense du secteur Le Chesne &#8211; Les Petites Armoises, le canal des Ardennes \u00e9tant la fronti\u00e8re avec l\u2019ennemi. La position n\u2019\u00e9tait pas la plus facile : des terrains plats et humides appartenant \u00e0 la vall\u00e9e de la Bar ; en face l\u2019ennemi post\u00e9 sur des collines avec son artillerie et des possibilit\u00e9s d\u2019observation inesp\u00e9r\u00e9es.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Dans le climat g\u00e9n\u00e9ral, ces volontaires \u00e9trangers \u00e9taient mal consid\u00e9r\u00e9s : ils avaient re\u00e7u un habillement inadapt\u00e9, capotes trop longues, lourdes, chaudes et incommodes pour la marche ; des fusils du si\u00e8cle pr\u00e9c\u00e9dent, rouill\u00e9s, sans bretelle. Ils durent la remplacer par de la ficelle d\u2019o\u00f9 le nom de r\u00e9giments-ficelles qui leur fut donn\u00e9. Il manquait un grand nombre de ces armes. Les havresacs \u00e9taient remplac\u00e9s par des morceaux de toile cir\u00e9e ; la plupart des v\u00e9hicules n\u2019avaient aucun outillage pour r\u00e9parer ; les motocyclettes venaient des rebuts ; cela explique que les foss\u00e9s se sont peu \u00e0 peu emplis de ces \u00e9l\u00e9ments inutiles et encombrants. La nourriture \u00e9tait lamentable, les popotes \u00e0 Boult aux Bois (10 Km !), le chemin d\u2019acc\u00e8s balay\u00e9 par les tirs d\u2019artillerie. Autant dire qu\u2019elle n\u2019arrivait que par hasard !<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Pourtant ces hommes \u00e9taient d\u2019authentiques r\u00e9sistants, la plupart fich\u00e9s et recherch\u00e9s par la Gestapo ce qui signifiait qu\u2019ils seraient abattus en cas de prise.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Ils ont pay\u00e9 un lourd tribut lors de ces combats, surtout lors de la retraite car ils servaient souvent d\u2019arri\u00e8re-garde charg\u00e9e de retarder l\u2019avance ennemie : ce fut le cas \u00e0 Sainte Menehould o\u00f9 ils perdirent 400 hommes dont 100 tu\u00e9s (400 bouches de moins \u00e0 nourrir ! s\u2019exclama leur g\u00e9n\u00e9ral !!!). Partant de Noirval et des Petites Armoises, le r\u00e9giment comptait environ 2 500 hommes ; ils n\u2019\u00e9taient plus que 15OO \u00e0 Passavant (apr\u00e8s Ste Menehould) et 1 100 prisonniers \u00e0 Metz !<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>Parmi les rescap\u00e9s, beaucoup ont poursuivi leur action de r\u00e9sistance et occup\u00e9 des responsabilit\u00e9s importantes par la suite. Non ! ce n\u2019\u00e9tait pas les loqueteux et les l\u00e2ches comme on a voulu les pr\u00e9senter ! En voici quelques exemples :<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/b><\/p>\n<p><b>Boris HOLBAN (en r\u00e9alit\u00e9 BRUHMAN) :<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/b><\/p>\n<p>N\u00e9 en Ukraine d\u2019une famille juive russe. Son pays \u2013 la Bessarabie- fut attribu\u00e9 \u00e0 la Roumanie en <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-2341\" src=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-01-17-\u00e0-21.20.44-150x150.png\" alt=\"\" width=\"126\" height=\"126\" \/>1919. Opposant pourchass\u00e9, il se r\u00e9fugie en France en 1938 et s\u2019engage en 1939 au 21\u00b0 RMVE. Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019aide d\u2019une religieuse de Metz, s\u0153ur H\u00e9l\u00e8ne, (qui a aid\u00e9 de nombreux \u00e9vad\u00e9s dont F. Mitterrand), il gagne la r\u00e9gion parisienne o\u00f9 il cr\u00e9e des groupes de r\u00e9sistance qui multiplient les actions (229 !). C\u2019est le fondateur du r\u00e9seau FTP-MOI (Francs Tireurs Partisans-Main d\u2019\u0153uvre Immigr\u00e9e).<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>En juillet 1943 la direction des FTP veut davantage et le remplace par Manouche qui est arr\u00eat\u00e9 par la police fran\u00e7aise en novembre 1943. HOLBAN est alors rappel\u00e9 et reprend la direction des FTP-MOI jusqu\u2019en ao\u00fbt 1944. La guerre finie, il retourne en Roumanie et devient g\u00e9n\u00e9ral. Mais Ceausescu le poursuit et le d\u00e9choit. Il revient alors en France en 1984. Il sera d\u00e9cor\u00e9 de la L\u00e9gion d\u2019honneur sous l\u2019Arc de Triomphe le 8 mai 1994.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>G\u00e9n\u00e9ral MALLERET-JOINVILLE<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/b><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2340 \" src=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-01-17-\u00e0-21.20.49.png\" alt=\"\" width=\"103\" height=\"145\" \/>C\u2019est l\u2019un des quatre g\u00e9n\u00e9raux issus de la R\u00e9sistance. N\u00e9 \u00e0 Paris, il adh\u00e8re au parti communiste en 1937. Il est mobilis\u00e9 au 21\u00b0 RMVE, fait prisonnier le 23 juin en Lorraine. Il s\u2019\u00e9vade en 1942 et rejoint la R\u00e9sistance \u00e0 Limoges. Il devient chef de R\u00e9gion de la R\u00e9sistance sous le nom de<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0\u00a0<\/span>JOINVILLE ; d\u2019Astier de la Vigerie est son sup\u00e9rieur hi\u00e9rarchique.<br \/>\nAu moment de la naissance du MUR (Mouvements Unis de R\u00e9sistance &#8211; fusion des trois mouvements Combat-Lib\u00e9ration-Franc Tireur) il devient le chef<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>du groupe Rh\u00f4ne-Alpes aid\u00e9 par Marc Bloch.<br \/>\nApr\u00e8s l\u2019arrestation du g\u00e9n\u00e9ral de Jussieu, en mai 1944, il prend la t\u00eate de<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>l\u2019Etat-Major national des FFI et participe activement \u00e0 la lib\u00e9ration de Paris. La guerre termin\u00e9e, il est \u00e9lu d\u00e9put\u00e9, vivement oppos\u00e9 \u00e0 la guerre d\u2019Alg\u00e9rie en 1958.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>Hans HABE (en r\u00e9alit\u00e9 Janos BEKESSY)<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/b><\/p>\n<p>est n\u00e9 \u00e0 Budapest en 1911. Ses parents quittent la Hongrie de Horthy en 1919 pour s\u2019installer \u00e0 Vienne. Janos Bekessy devient journaliste r\u00e9put\u00e9 et prend le nom de Hans HABE. Il devient correspondant \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 Des Nations de Gen\u00e8ve et directeur du journal viennois Der Morgen en 1934. Il doit quitter ce poste en 1935 et revient correspondant de presse \u00e0 la SDN o\u00f9 il c\u00f4toie de nombreux responsables politiques. Il publie diff\u00e9rents ouvrages (romans et t\u00e9moignages). Sa vie sentimentale est tr\u00e8s perturb\u00e9e car il divorce \u00e0 plusieurs reprises. Il s\u00e9journe en Bretagne d\u00e9but 1939 puis retourne \u00e0 Gen\u00e8ve avant de revenir \u00e0 Paris en septembre.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>La guerre \u00e9clate : il s\u2019engage le18 octobre comme volontaire au 21\u00b0 RMVE (Compagnie de commandement du 1\u00b0 Bataillon). Il s\u00e9journe au camp de Barcar\u00e8s. Fin avril 1940, le r\u00e9giment est appel\u00e9 en Alsace et le 25 mai dans les Ardennes pour tenir le canal des Ardennes du Chesne aux Petites Armoises.Il doit se replier sur ordre le 11 juin en passant par Monthois, Manre, Autry, Vienne la Ville et Sainte Menehould avant d\u2019\u00eatre encercl\u00e9 avec toutes les unit\u00e9s du Nord-Est et fait prisonnier le 22 juin pr\u00e8s de Charmes, alors que, charg\u00e9 d\u2019une pseudo-mission par son lieutenant, il tentait d\u2019\u00e9chapper \u00e0 l\u2019occupant.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-2342\" src=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-01-17-\u00e0-21.20.55.png\" alt=\"\" width=\"123\" height=\"126\" srcset=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-01-17-\u00e0-21.20.55.png 346w, http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-01-17-\u00e0-21.20.55-292x300.png 292w\" sizes=\"auto, (max-width: 123px) 100vw, 123px\" \/>Enregistr\u00e9 sous un faux nom et enferm\u00e9 \u00e0 Dieuze, Habe organise sa fuite le 7 ao\u00fbt et apr\u00e8s diverses aventures, gagne Annecy le 14 d\u2019o\u00f9 il veut passer en Suisse. Mais, recherch\u00e9 par les nazis, il est refoul\u00e9. Gr\u00e2ce \u00e0 un faux passeport, il atteint Lisbonne fin septembre o\u00f9 il apprend par la ni\u00e8ce d\u2019Herriot qu\u2019un passeport am\u00e9ricain l\u2019attend (comme d\u2019autres antinazis notoires). Le 3 d\u00e9cembre 1940, il d\u00e9barque \u00e0 New York. Premier prisonnier \u00e9vad\u00e9 parvenu aux Etats-unis, il \u00e9crit en peu de temps son livre-t\u00e9moignage OB TAUSEND FALLEN (titre allemand) qui, traduit en anglais, conna\u00eet un \u00e9norme succ\u00e8s (5 millions ex !). On en fait des films! Les Am\u00e9ricains sont donc inform\u00e9s d\u00e8s 1941 des<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>combats de r\u00e9sistance de notre secteur !!<br \/>\nIl est enr\u00f4l\u00e9 dans les services secrets de l\u2019arm\u00e9e am\u00e9ricaine.Apr\u00e8s un passage \u00e0 Oran et Alger en<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>1943 (interrogatoires des soldats de l\u2019AfrikaKorps), il suit l\u2019arm\u00e9e en Sicile, puis en Italie o\u00f9, d\u00e9but octobre 1943, il r\u00e9ussit \u00e0 r\u00e9tablir rapidement le fonctionnement de Radio Naples. Promu lieutenant, il retourne bri\u00e8vement aux Etats-unis pour former d\u2019autres agents secrets puis rejoint la Grande- Bretagne. D\u00e9barqu\u00e9 en Normandie le 8 juin 1944, il participe fin ao\u00fbt \u00e0 la lib\u00e9ration de Paris.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Il remet ensuite en fonctionnement radio Luxembourg le 24 octobre 1944 et sera pendant sept mois le responsable de cette radio de propagande am\u00e9ricaine. Il est promu capitaine et re\u00e7oit la Croix de Guerre du Luxembourg.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>En janvier 1945, il est charg\u00e9 de relancer la presse allemande en zone am\u00e9ricaine : il fonde 18 journaux! Sa vie sentimentale longtemps d\u00e9sordonn\u00e9e finit par s\u2019apaiser. Malgr\u00e9 ses succ\u00e8s de journalistes et d\u2019\u00e9crivain, il sera souvent proche de la mis\u00e8re. Revenu en Suisse en 1954, il d\u00e9c\u00e8de \u00e0 Locarno en 1977.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>Antoine BEILLE<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/b><\/p>\n<p>aspirant au 21\u00b0 RMVE. Gri\u00e8vement bless\u00e9 en mai 1940.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-2343\" src=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-01-17-\u00e0-21.21.00.png\" alt=\"\" width=\"72\" height=\"111\" \/><\/span><\/p>\n<p>Ce fut un r\u00e9sistant de la premi\u00e8re heure qui re\u00e7ut la plus haute distinction d\u00e9livr\u00e9e par Isra\u00ebl : Juste parmi les Justes. Il repose au Panth\u00e9on.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>Colonel DEBUISSY commandant du 21\u00b0 RMVE.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/b><\/p>\n<p>Le g\u00e9n\u00e9ral Decharme d\u00e9sapprouve son esprit de r\u00e9sistance et le met en retraite d\u2019office Il entra tr\u00e8s vite dans la r\u00e9sistance et devint chef d\u2019Etat-major de l\u2019Arm\u00e9e Secr\u00e8te en Roussillon. Il fut arr\u00eat\u00e9 en 1942 par la Gestapo.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>L\u00e9on de ROSEN<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/b><\/p>\n<p>n\u00e9 \u00e0 Stockholm d\u2019un p\u00e8re diplomate \u00e0 la Cour de Russie r\u00e9fugi\u00e9 en France en 1917. Prisonnier \u00e0 Metz, il s\u2019\u00e9vade gr\u00e2ce \u00e0 la fili\u00e8re de s\u0153ur H\u00e9l\u00e8ne, gagne Londres puis Alger o\u00f9 il devient aide de camp du g\u00e9n\u00e9ral GIRAUD.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>En 1945, il refuse le grade de g\u00e9n\u00e9ral qui lui est propos\u00e9 et part aux Etats Unis. En 1950, il est Directeur adjoint de SIMCA jusqu\u2019en 1961 (rachat par Chrysler). En 1966, il est PDG de Massey Fergusson.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>Baron Georges RAVEL de BIENVILLE<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/b><\/p>\n<p>du 3\u00b0 Bataillon du 21\u00b0 RMVE \u2013 d\u00e9port\u00e9 et mort \u00e0 Mauthausen en 1944<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>Prince Nicolas OBOLENSKI<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/b><\/p>\n<p>sous-lieutenant \u00e0 la 3\u00b0 Compagnie du 1er Bataillon du 21\u00b0 RMVE<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>Guy COHN<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/b><\/p>\n<p>Elev\u00e9 par sa m\u00e8re qui est actrice. De ce fait, il change souvent de lieu de r\u00e9sidence : Toulouse, Lille, Paris.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Engag\u00e9 en 1915, il s\u2019inscrit \u00e0 Saint Cyr et sort aspirant. Il est affect\u00e9 en Salonique o\u00f9 il est bless\u00e9. Mobilis\u00e9 en 1939 au 21\u00b0 RMVE, il est fait prisonnier puis est lib\u00e9r\u00e9 quelque temps apr\u00e8s.<br \/>\nIl dirige ensuite une usine textile.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>Marius MAZIERS<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright wp-image-2344\" src=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-01-17-\u00e0-21.21.06.png\" alt=\"\" width=\"72\" height=\"95\" \/><\/span><\/b><\/p>\n<p>Aumonier au 21\u00b0 RMVE, il est fait prisonnier et s\u2019\u00e9vade.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Il deviendra archev\u00eaque de Bordeaux en 1968 mais son attention pour le monde ouvrier l\u2019emp\u00eache de devenir cardinal.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><b>&#8230; des m\u00e9decins (150 !), des acteurs, des musiciens, des tailleurs,&#8230; des gens de c\u0153ur et de conviction qui avaient compris le danger des th\u00e9ories nazies et avaient tout abandonn\u00e9 pour les combattre, au prix de leur vie ! Quelle le\u00e7on pour beaucoup de Fran\u00e7ais !<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/b><\/p>\n<p><strong>Ce modeste monument de NOIRVAL est en r\u00e9alit\u00e9 un hommage aux antinazis de toute l\u2019Europe, voire au-del\u00e0, engag\u00e9s dans le combat contre Hitler en mai-juin 1940. Il porte, grav\u00e9s dans le b\u00e9ton, leurs pays d\u2019origine : Arm\u00e9niens, Autrichiens, Belges, Bulgares, Chinois, Cubains, Danois, Egyptiens, Espagnols, Estoniens, Finlandais, Grecs, Ha\u00eftiens, Hongrois, Lithuaniens, Luxembourgeois, Mexicains, Mon\u00e9gasques, Palestiniens, Polonais, Portugais, Roumains, Russes, Tch\u00e8ques, Turcs, Su\u00e9dois, Suisses, Yougoslaves.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/strong><\/p>\n<p><strong>Nous avons une dette d\u2019honneur envers eux !<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">Michel BAUDIER<br \/>\naid\u00e9 par le travail de Dr Andr\u00e9 BLITTE ardennais devenu Canadien<br \/>\net sur la base des \u00e9crits de Hans HABE<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<hr width=\"50%\" \/>\n<h2><a name=\"texte9\"><\/a><span style=\"color: red;\">Connaissez-vous \u201cla ligne du F\u00fchrer \u201c ?<\/span><\/h2>\n<p>De\u0300s 1920 (de\u0301ja\u0300 !), un courant d\u2019e\u0301tudes ge\u0301ographiques s\u2019est de\u0301veloppe\u0301 en Allemagne dans le but d\u2019organiser l\u2019inte\u0301gration culturelle (la germanisation) de la Belgique et de la France du Nord. Deux figures de proue se de\u0301tachent : Franz Steinbach directeur de l\u2019Institut d\u2019E\u0301tudes rhe\u0301nanes et pre\u0301sident de la WestdeutscheForschungsGemeinschaft (WFG) de l\u2019Universite\u0301 de Bonn et Franz Peri responsable de la germanisation culturelle de la Belgique et de la France du Nord. Leur but est de refonder la re\u0301partition des territoires sur la ge\u0301ographie (l\u2019origine des sols) plus que sur l\u2019histoire politique et diplomatique. Ces ge\u0301ographes et d\u2019autres sont re\u0301unis dans la Westforschung qui organise maintes publications et colloques. Plus de 500 auteurs se mobilisent pour cre\u0301er le dictionnaire de la germanite\u0301. L\u2019un des centres est a\u0300 Fribourg en Brisgau sous la direction de Friedrich Metz a\u0300 partir de 1940. Ces mouvements inte\u0301ressent au plus haut point les nazis avec lesquels se compromet ce Friedrich Metz.<\/p>\n<p>Un document final de\u0301finit le trace\u0301 de la ligne du Nord-Est : le <strong>me\u0301morandum Stuckart<\/strong>. C\u2019est un texte de 41 pages A4 remis au de\u0301but de l\u2019e\u0301te\u0301 1940 a\u0300 Hitler. Wilhelm Stuckart est le nom du secre\u0301taire d\u2019e\u0301tat au ministe\u0300re de l\u2019Inte\u0301rieur. Il pre\u0301voit le de\u0301tachement de la France d\u2019un vaste espace au be\u0301ne\u0301fice de l\u2019Allemagne. Le but est d\u2019affaiblir durablement l\u2019ennemi he\u0301re\u0301ditaire et de ramener la France a\u0300 ses frontie\u0300res du XVII\u00b0 sie\u0300cle. C\u2019est aussi la volonte\u0301 de de\u0301finir un espace d\u2019expe\u0301rimentation pour la cre\u0301ation d\u2019une marche germanique, le pays \u00ab thiois \u00bb, glacis protecteur de la frontie\u0300re occidentale allemande dans l\u2019Europe de l\u2019apre\u0300s-guerre, une fois la victoire nazie acquise.<\/p>\n<div class=\"page\" title=\"Page 1\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2622 alignleft\" src=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2022-03-22-\u00e0-21.00.11.png\" alt=\"\" width=\"199\" height=\"313\" srcset=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2022-03-22-\u00e0-21.00.11.png 199w, http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2022-03-22-\u00e0-21.00.11-191x300.png 191w\" sizes=\"auto, (max-width: 199px) 100vw, 199px\" \/>Cette zone est re\u0301partie en divers secteurs : l\u2019Alsace et la Moselle sont annexe\u0301es au Reich ; le Nord et le Pas de Calais sont rattache\u0301s au gouvernement militaire de Bruxelles. Le de\u0301partement des Ardennes, sauf la partie au sud de la rivie\u0300re Aisne est de\u0301clare\u0301 <strong>zone interdite<\/strong>. Le reste est en <strong>zones re\u0301serve\u0301es<\/strong> (pays thiois) en vue d\u2019implantations d\u2019exploitants allemands.<\/p>\n<p>Les Ardennes forment le cadre ide\u0301ologique et administratif de l\u2019implantation de la socie\u0301te\u0301 Ostland (cre\u0301e\u0301e le 12 fe\u0301vrier 1940 avec un seul actionnaire : le Reich) par le truchement de sa direction re\u0301gionale agricole : WOL III (<em>WirtschaftsOberLeitung<\/em>). Charge\u0301e de rationaliser l\u2019utilisation des sols et des cultures, la WOL doit de\u0301montrer sur le terrain la supe\u0301riorite\u0301 des conceptions agricoles et sociales nazies. Le but est une colonisation\u00a0agraire.<\/p>\n<div class=\"page\" title=\"Page 1\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2621 alignright\" src=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2022-03-22-\u00e0-21.00.15.png\" alt=\"\" width=\"140\" height=\"220\" \/>Elle est divise\u0301e en cinq directions re\u0301gionales : LAON : WOL I (Somme +\u00a0Aisne), CHARLEVILLE : WOL II (Ardennes), NANCY : WOL IV (Meuse, Meurthe et Moselle, Moselle, Vosges), DIJON : WOL V (Haute Marne, Doubs, Haute Sao\u0302ne, Jura).<\/p>\n<p>La WOL fait main basse sur pre\u0300s de 132 000 ha, soit la moitie\u0301 des terres agricoles du de\u0301partement des Ardennes en 1941. Elle emploie 18 000 personnes dont 5 000 exploitants, proprie\u0301taires contraints de travailler comme salarie\u0301s sur leurs propres terres.<\/p>\n<p>La rationalisation repose sur trois axes : la me\u0301canisation, de nouveaux plans de mise en culture, la se\u0301lection des semences et l\u2019usage accru d\u2019engrais chimique.<\/p>\n<div class=\"page\" title=\"Page 2\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>Dans un rapport du pre\u0301fet des Ardennes du 4 octobre 1945, l\u2019e\u0301volution des terres exploite\u0301es par la WOL est la suivante :<\/p>\n<p>&#8211; proportion stable de ce\u0301re\u0301ales : 35-37 000 ha<br \/>\n&#8211; augmentation importante des plantes sarcle\u0301es : de 3 200 a\u0300 7 800 ha &#8211; explosion des plantes industrielles : lin et colza : de 860 a\u0300 2 800 ha &#8211; effondrement des jache\u0300res : de 7 600 a\u0300 1 140 ha.<br \/>\n<em>Pas d\u2019indications sur les rendements !<\/em><\/p>\n<p>Extrait de la revue Mappemonde 132\/2021 et du travail de Philippe MOYEN et de Jacques MIEVRE de l\u2019Universite\u0301 de Nancy.(1973 &#8211; 2021).<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 2\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<div id=\"attachment_2620\" style=\"width: 313px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" aria-describedby=\"caption-attachment-2620\" class=\"wp-image-2620 size-full\" src=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2022-03-22-\u00e0-21.00.23.png\" alt=\"\" width=\"303\" height=\"214\" srcset=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2022-03-22-\u00e0-21.00.23.png 303w, http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2022-03-22-\u00e0-21.00.23-300x212.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 303px) 100vw, 303px\" \/><p id=\"caption-attachment-2620\" class=\"wp-caption-text\">Avec l&rsquo;accord de P\u00e9tain \u00e0 Montoire<\/p><\/div>\n<p><em>L\u2019existence, la de\u0301finition de la zone interdite et sa mise en \u0153uvre manifeste bien la volonte\u0301 de Hitler de diminuer la France, de cre\u0301er une zone tampon charge\u0301e de prote\u0301ger l\u2019Allemagne de toute tentative d\u2019agression franc\u0327aise. Hitler a re\u0301ellement de\u0301pece\u0301 la France :<\/em><br \/>\n<em>Zone occupe\u0301e : 45 %<\/em><br \/>\n<em>Zone libre : 45 %<\/em><br \/>\n<em>Zone interdite : 10 %<\/em><br \/>\n<em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2619 alignleft\" src=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2022-03-22-\u00e0-21.00.28.png\" alt=\"\" width=\"254\" height=\"353\" srcset=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2022-03-22-\u00e0-21.00.28.png 254w, http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2022-03-22-\u00e0-21.00.28-216x300.png 216w\" sizes=\"auto, (max-width: 254px) 100vw, 254px\" \/>Or on parle toujours de DEUX zones mais jamais de TROIS !<\/em><br \/>\n<em>Pourquoi ? Ignorance ? honte ? Volonte\u0301 de cacher la ve\u0301rite\u0301 ?<\/em><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 2\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p><em>La cre\u0301ation de cette zone interdite, en plus de l\u2019intervention de l\u2019Ostland qui a bouleverse\u0301 toutes les communes agricoles ardennaises pendant quatre ans, a aussi totalement isole\u0301 la zone des combats ou\u0300 se trouvaient encore de nombreux corps de soldats morts laisse\u0301s sur place. Impossible pour les familles de venir se recueillir sur les tombes des militaires inhume\u0301s en cimetie\u0300res provisoires ou de participer a\u0300 la recherche des corps ! Une situation dramatique, cruelle, incompre\u0301hensible ! Une situation qui a dure\u0301 QUATRE ANS !!<\/em><\/p>\n<p><em>Il est scandaleux que tout cela soit efface\u0301 de l\u2019histoire officielle franc\u0327aise depuis 82 ans ! QUATRE- VINGT-DEUX ans !!<\/em><\/p>\n<p><em>Il faut saluer les efforts des chercheurs lorrains pour rechercher la ve\u0301rite\u0301 ! Ils honorent notre pays et ses traditions humanitaires ! Regrettons simplement leur rarete\u0301 &#8230;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: right;\">Mars 2022<\/p>\n<hr \/>\n<h1><span style=\"color: #ff0000;\">Le verrou des CENDRI\u00c8RES<\/span><br \/>\nD\u00e9fendu par la 7\u00b0 Compagnie du 67\u00b0 R\u00e9giment d\u2019Infanterie<br \/>\nDu 15 au 23 mai 1940<\/h1>\n<p>Synth\u00e8se des t\u00e9moignages de divers participants r\u00e9alis\u00e9e par Michel BAUDIER<\/p>\n<p>La 3\u00b0 Division d\u2019Infanterie Mobilisable s\u00e9journe dans la Marne aux alentours de Sermaize les Bains. Elle est alert\u00e9e et envoie les diff\u00e9rentes unit\u00e9s dans les Ardennes, dans le secteur de Stonne.<\/p>\n<p><strong>Mardi 14 mai :\u00a0<\/strong> \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 La 7\u00b0 compagnie a \u00e9t\u00e9 d\u00e9barqu\u00e9e \u00e0 la gare d\u2019Autruche et doit rejoindre la ferme<br \/>\ndes Cendri\u00e8res.<br \/>\nLe lieutenant RENAUD et Jean CLOUET, son adjoint, partent en reconnaissance du terrain. Ils notent que le pr\u00e9 en face de la ferme, \u00e0 droite de la route, est mar\u00e9cageux et subissent le mitraillage de deux avions ennemis.<br \/>\nLes hommes arrivent le soir, harass\u00e9s, car nous sommes en mai et ils portent la capote et tout leur \u00e9quipement. Ils s\u2019installent.<br \/>\nLa compagnie est compos\u00e9e de 4 sections de 40 voltigeurs et d\u2019une section de commandement accompagn\u00e9e d\u2019une section de mitrailleuses de la C A B et de deux canons de 25 de la CRME. Cela repr\u00e9sente entre 160 et 180 hommes. Le commandant de la 7\u00b0 compagnie est le lieutenant Crambes*.<br \/>\nUn groupe de la 2\u00b0 section s\u2019installe dans un b\u00e2timent en cours de construction, en bordure de la route, en arrivant. Ils organisent une chicane sur la route en face de la ferme. Les b\u00e2timents de la ferme s\u2019\u00e9tendent \u00e0 gauche, \u00e0 environ 100 m de la route.<br \/>\nLe lieutenant GAGELIN commandant la 5\u00b0 compagnie et le capitaine LEJEUNE, commandant du bataillon, sont d\u00e9barqu\u00e9s le soir \u00e0 Verpel. Ils en partent vers minuit avec Oches comme objectif, rendez-vous sur place \u00e0 8 h du matin.<br \/>\nLe rendez-vous est respect\u00e9. Apr\u00e8s une petite pause, le d\u00e9part est donn\u00e9 \u00e0 11h30 : objectif : le Mont Damion par La Berli\u00e8re. Ils arrivent \u00e0 la cote 326 (sommet du Mt Damion) \u00e0 15 h. et s\u2019y installent ainsi que sur la croupe Nord. La 5\u00b0 compagnie occupe le sommet, les 6\u00b0 et 7\u00b0 sont en couverture avanc\u00e9e. Il existe une ancienne maison de berger au sommet. La liaison avec les coloniaux de la 6\u00b0 Division d\u2019Infanterie Coloniale qui viennent d\u2019arriver est recherch\u00e9e dans le Bois du Franclieu.<\/p>\n<p><strong>Mercredi 15 mai :<\/strong><br \/>\n\u00c0 l\u2019aube, arrive une troupe venant de La Besace pour prendre position dans le bois, en face de la ferme (groupe de coloniaux sans doute).<br \/>\nLa 1\u00b0 section avec le sous-lieutenant BES DE BERC s\u2019installe pr\u00e8s du chemin allant de la ferme vers le Bois de Raucourt ainsi qu\u2019en descente vers les bois et bosquets au Nord\/Nord-Ouest de la ferme.<br \/>\nLa 2\u00b0 section avec le sous-lieutenant RENAUD prend position dans le jardin de la ferme. Elle prend ainsi la route de La Besace en enfilade. Les groupes MARLIER et LEQUEUX sont en batterie au pied d\u2019une haie, au N-NE de la ferme, bien camoufl\u00e9s dans des trous individuels.<br \/>\nLa 3\u00b0 section avec l\u2019aspirant CHAMPAGNE en batterie entre les 1\u00b0 et 2\u00b0 sections, couvrant ainsi l\u2019ensemble du pr\u00e9 et la contre-pente NE.<br \/>\nLa 4\u00b0 section avec l\u2019adjudant-chef BOLL qui sera promu sous-lieutenant le 23 mai, est \u00e0 gauche de la 1\u00b0 section, avec deux groupes en batterie en bordure d\u2019une ancienne carri\u00e8re, entre les 1\u00b0 et 6\u00b0 sections. Elle comprend entre autres d\u2019ETAT, le sergent BIERVOYE, le caporal-chef MARLIER, le caporal THIBOUT.<br \/>\nLe Poste de Commandement du lieutenant CRAMBES se situe dans une tranch\u00e9e creus\u00e9e dans un herbage en bordure droite du chemin qui monte, menant au Bois de Raucourt, parall\u00e8lement \u00e0 la haie, \u00e0 environ deux m\u00e8tres. Un groupe de mortiers de 60 est \u00e0 c\u00f4t\u00e9.<br \/>\nDeux chars sont en appui pendant deux jours, dont un devant la 2\u00b0 section.<br \/>\nD\u00e8s leur arriv\u00e9e, des \u00e9l\u00e9ments du GRDI sillonnent les alentours, en reconnaissance du terrain.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-2655\" src=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Carte-Stonne.jpg\" alt=\"\" width=\"1053\" height=\"705\" srcset=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Carte-Stonne.jpg 1053w, http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Carte-Stonne-300x201.jpg 300w, http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Carte-Stonne-1024x686.jpg 1024w, http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Carte-Stonne-768x514.jpg 768w, http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/Carte-Stonne-624x418.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 1053px) 100vw, 1053px\" \/> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-2656\" src=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/plan-Stonne.jpg\" alt=\"\" width=\"933\" height=\"650\" srcset=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/plan-Stonne.jpg 933w, http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/plan-Stonne-300x209.jpg 300w, http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/plan-Stonne-768x535.jpg 768w, http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/plan-Stonne-624x435.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 933px) 100vw, 933px\" \/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-2657\" src=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/peinture-stonne.jpg\" alt=\"\" width=\"560\" height=\"417\" srcset=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/peinture-stonne.jpg 560w, http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/peinture-stonne-300x223.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 560px) 100vw, 560px\" \/><\/p>\n<p>Au cours de la matin\u00e9e, ils entendent le bruit des combats \u00e0 la sortie Sud de Stonne, o\u00f9 est engag\u00e9 le 1er bataillon du 67\u00b0 RI. Ils d\u00e9clenchent des tirs de mortier de 81 sur Stonne qui obtiennent des r\u00e9sultats appr\u00e9ciables. Par contre, la compagnie re\u00e7oit des tirs de harc\u00e8lement de l\u2019artillerie allemande.<br \/>\nVu cette activit\u00e9, on s\u2019attend \u00e0 une attaque allemande dans l\u2019apr\u00e8s-midi. Pour \u00eatre plus efficace, la 2\u00b0 section avance ses positions dans l\u2019herbage, vers la ligne de cr\u00eate.*<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-2658\" src=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/ligne-de-crete.jpg\" alt=\"\" width=\"710\" height=\"398\" srcset=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/ligne-de-crete.jpg 710w, http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/ligne-de-crete-300x168.jpg 300w, http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/ligne-de-crete-624x350.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 710px) 100vw, 710px\" \/><\/p>\n<p>Un avion anglais passe. Mais aucune attaque ne survient.<br \/>\nAu soir, on assiste au retour dans les positions initiales, au pied de la haie.<\/p>\n<p><strong>Jeudi 16 mai :<\/strong><br \/>\nDans la nuit, l\u2019ennemi s\u2019avance en diff\u00e9rents endroits en l\u00e2chant des tirs de mitraillettes. Ils veulent que les Fran\u00e7ais ripostent et d\u00e9voilent ainsi leurs positions. Mais la consigne a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e et personne ne tire. \u00c0 l\u2019aube, ces aventuriers rentrent dans leurs positions. Mais d\u00e8s qu\u2019il fait jour, le mouchard est l\u00e0, observant tous les mouvements en terrain d\u00e9couvert. Des bombardiers attaquent la ferme \u00e0 plusieurs reprises.<br \/>\nLe groupe Birvoye de la 2\u00b0 section, en position dans le corps de ferme, tire sur les avions avec un FM, surtout sur le mouchard, mais sans effet !<br \/>\nLe groupe Lequeux, plus \u00e9loign\u00e9 des b\u00e2timents, est moins concern\u00e9 par ces attaques a\u00e9riennes.<br \/>\nPas mal d\u2019animaux sont en libert\u00e9, surtout des vaches, le pis gonfl\u00e9, qui voudraient \u00eatre traites.<br \/>\nElles s\u2019approchent de temps en temps de la haie.<br \/>\nDans l\u2019\u00e9curie se trouvent deux chevaux et un chevreau un veau, dit Clouet.<br \/>\nA la jumelle, plusieurs observateurs remarquent que l\u2019ennemi est tr\u00e8s actif \u00e0 l\u2019arri\u00e8re des lignes.<br \/>\nIl pr\u00e9pare sans doute une attaque.<\/p>\n<p><strong>Vendredi 17 mai :<\/strong><br \/>\nLe temps est splendide, la chaleur accablante. Mais le mouchard qui est toujours l\u00e0 limite les all\u00e9es et venues. Les animaux en libert\u00e9 se rapprochent des haies o\u00f9 ont \u00e9t\u00e9 creus\u00e9es les positions individuelles.<br \/>\nLouis Levent pr\u00e9cise que chaque soir, prot\u00e9g\u00e9s par les tirs de 75 du 42\u00b0 RA post\u00e9 sur le Mont Damion, un groupe part poser 6 mines antichars sur le chemin qui m\u00e8ne \u00e0 la d\u00e9partementale. Elles sont retir\u00e9es chaque matin dans les m\u00eames conditions. Mais aucun v\u00e9hicule blind\u00e9 ennemi n\u2019a jamais emprunt\u00e9 ce chemin, d\u2019ailleurs aucun n\u2019a \u00e9t\u00e9 visible.<br \/>\nDes tirs d\u2019artillerie ont lieu de temps \u00e0 autre, abimant parfois les murs des b\u00e2timents. Un obus ripe sur le pignon NE d\u2019un de ces b\u00e2timents et glisse sur le sol jusqu\u2019\u00e0 proximit\u00e9 du puits, sans \u00e9clater.<br \/>\nLe chevreau (ou le veau) est tu\u00e9 ; la dame et les cuisiniers en font un excellent repas avec des frites : tous se r\u00e9galent !<br \/>\nMais ce repas \u00e0 peine termin\u00e9, une pluie de tirs de mortier s\u2019abat sur le groupe Lequeux et le groupe Marlier voisin, de la 2\u00b0 section. Chacun saute dans son trou. Ces tirs durent environ 20 minutes, l\u2019aviation intervenant les 10 derni\u00e8res minutes en mitraillant et en l\u00e2chant des bombes.<br \/>\nDes tirs d\u2019armes automatiques par rafales viennent de la cr\u00eate herbue \u00e0 cent m\u00e8tres au-dessus. On regrette que les deux chars ne soient plus l\u00e0 ! Les Allemands avancent partout par bonds dans le bois de noisetiers triangulaire, pr\u00e8s du coin de la haie, puis dans l\u2019herbe, \u00e0 d\u00e9couvert. Un 2\u00e8me FM est demand\u00e9 au lieutenant Crambes.<br \/>\nClouet et Auvr\u00e9 sautent alors de leurs trous, avec une r\u00e9serve de grenades et commence alors une danse particuli\u00e8re : lancer d\u2019une grenade offensive puis couch\u00e9 sur le sol et aussit\u00f4t lancer d\u2019une grenade F1 et de nouveau \u00e0 plat ventre. Cela dure plusieurs minutes. Les effets sont imm\u00e9diats :<br \/>\nune dizaine d\u2019ennemis sont allong\u00e9s, morts ou hurlant de douleur.<br \/>\nLequeux est h\u00e9las tu\u00e9 par des tirs ennemis.<br \/>\nVers 15 h se produit une nouvelle attaque avec salves d\u2019artillerie et progression de fantassins. Le sergent-chef VONVILLE, charg\u00e9 du ravitaillement en munitions est bless\u00e9 au pied ce qui provoque une interruption de l\u2019approvisionnement : la 2\u00b0 et la 3\u00b0 sections sont \u00e0 court de munitions. Ils quittent alors la haie et se rendent dans le b\u00e2timent le plus proche.<br \/>\nPendant ce temps, un groupe de l\u2019adjudant-chef Bott fait le plein de munitions au PC du Bataillon et se place le long de la haie qui vient d\u2019\u00eatre en partie hach\u00e9e par les tirs de mitraillettes. Ils repoussent rapidement une avance ennemie. La section Renaud les rejoint. Ils veulent \u00e9viter une infiltration ennemie en brisant leur \u00e9lan. L\u2019ennemi redescend vers la route, atteint les bosquets les plus bas, traverse la route et s\u2019infiltre<br \/>\ndans les bois du Mont Damion. Mais Decouninck, le groupe Lamuray et le groupe Duclos cr\u00e9ent un barrage infranchissable au Nord de la route de La Besace.<br \/>\nDans la maison au bord du chemin, le sergent d\u2019Etat avec sa 4\u00b0 section restent calmes. Mais il a remarqu\u00e9 la man\u0153uvre. Couvert par Decouninck et son FM, ainsi que les groupes Lequeux et Marlier, il monte avec 9 \u00e0 10 hommes dans le grenier. Chacun soul\u00e8ve l\u00e9g\u00e8rement une tuile, y passe le fusil et ajuste les cibles tr\u00e8s vuln\u00e9rables de cet endroit. Des nombreux Allemands sont tu\u00e9s ou bless\u00e9s. L\u2019attaque ralentit, h\u00e9site. Profitant de ce moment de d\u00e9sarroi, Renaud et d\u2019Etat crient : \u00ab komm ! komm \u00bb ! Deux s\u2019avancent, puis d\u2019autres, puis beaucoup : c\u2019est soudain une invasion d\u2019Allemands qui se rendent. 60 ou 70 sont ainsi faits prisonniers\u2026par 20 soldats fran\u00e7ais !<br \/>\nLes fusils et les \u00e9quipements sont mis en tas. Comme il y a des Alsaciens-lorrains dans le groupe, ils en interrogent rapidement quelques-uns : ces derniers appartiennent au r\u00e9giment Grossdeutschland.<br \/>\nAu cours de la v\u00e9rification des masques \u00e0 gaz, on constate que certains sont remplis de bijoux et de stylos, sans doute d\u00e9rob\u00e9s \u00e0 Sedan\u2026<br \/>\nA 17 h 30, la deuxi\u00e8me attaque a totalement \u00e9chou\u00e9.<br \/>\nUne nouvelle tentative obtient les m\u00eames suites avec de nouveaux prisonniers.<br \/>\nAccompagn\u00e9 de 4 hommes, Fran\u00e7ois d\u2019Etat conduit tous les prisonniers au PC du Bataillon o\u00f9 le capitaine Lejeune est surpris de l\u2019importance du groupe. D\u2019Etat revient \u00e0 la ferme alors que les 4 autres, accompagn\u00e9s d\u2019un grad\u00e9, les conduisent au PC du r\u00e9giment.<br \/>\nApr\u00e8s quelques tirs de mitraillettes venant du bois d\u2019o\u00f9 les Allemands se sont aventur\u00e9s, tout se calme : les survivants se sont repli\u00e9s.<br \/>\nOn compte 5 morts \u00e0 la compagnie, tous de la 2\u00b0 section :<br \/>\nSergent BAGUELIN-caporal-chef LEQUEUX-caporal THIERRY-caporal VB VIBERT &#8211;<br \/>\nGUEMAUD.(VB = lance grenades) AUVRE, bless\u00e9, a \u00e9t\u00e9 \u00e9vacu\u00e9 avec les autres bless\u00e9s.<br \/>\nOn compte 23 morts allemands devant la section Bes de Berc, 18 devant la section Champagne, 21 devant la section Bott, 36 devant la section Renaud : presque une centaine au total.<br \/>\nCette attaque allemande a \u00e9t\u00e9 faite par 3 compagnies, soit 12 groupes de 9 dont un sous-officier et un groupe de pionniers, le tout command\u00e9 par un capitaine et un lieutenant adjoint.**<br \/>\nDes contacts ont lieu avec des officiers du corps colonial en cours d\u2019installation car les S\u00e9n\u00e9galais se sont dispers\u00e9s au cours des bombardements et des attaques. Ils ont fait demi-tour et il faut les retrouver et les rassembler. C\u2019est un terrible bapt\u00eame du feu pour eux ! Rassembl\u00e9s par leurs officiers et rassur\u00e9s, ils reprendront leur installation dans le Bois de Franclieu.<\/p>\n<p><strong>Samedi 18 mai :<\/strong><br \/>\nLa nuit est \u00e9touffante : il y a m\u00eame de l\u2019orage.<br \/>\nOn fait le bilan de l\u2019attaque de la veille et on v\u00e9rifie sur le terrain. Devant la 2\u00b0 section sont allong\u00e9s de nombreux morts, beaucoup dans le bois de noisetiers. Un se trouve pr\u00e8s du trou de Crochemore, pulv\u00e9ris\u00e9 par un obus. En bordure du 2\u00b0 bosquet se trouvent une vingtaine de morts.<br \/>\n\u00c0 leur t\u00eate se trouve un commandant de compagnie, la t\u00eate \u00e9clat\u00e9e, tenant un revolver d\u2019une main et une serviette de l\u2019autre. Cette serviette comprend les plans de leurs positions et de l\u2019attaque, quelques pi\u00e8ces de monnaie, un carnet de marche et un compas avec les initiales RC. Pr\u00e8s de lui, l\u00e9g\u00e8rement en arri\u00e8re, se trouve la section de commandement litt\u00e9ralement massacr\u00e9e avec poste de radio, appareils photos sophistiqu\u00e9s, etc\u2026 On compte ainsi pr\u00e8s de cent morts allemands sur le secteur du point d\u2019appui : 40 devant la 2\u00b0 section, 21 serr\u00e9s les uns contre les autres pr\u00e8s d\u2019un bosquet, entre les groupes Lequeux et Marlier.<br \/>\nOn peut dire que ce 17 mai fut une dure journ\u00e9e !<br \/>\nAucun combat n\u2019a lieu ce samedi. Une patrouille ram\u00e8ne encore 6 \u00e0 7 prisonniers qui vont rejoindre les autres.<\/p>\n<p><strong>Dimanche 19 mai :<\/strong><br \/>\nC\u2019est une journ\u00e9e de r\u00e9pit.<br \/>\nLe groupe BIRVOYE avait disparu car des tirs de mortier avaient atteint leurs emplacements et pulv\u00e9ris\u00e9 les balles de paille qui les camouflaient. Tous ont couru au b\u00e2timent voisin pour se mettre \u00e0 l\u2019abri dans la cave o\u00f9 se trouvait d\u00e9j\u00e0 la bonne dame rest\u00e9e \u00e0 la ferme.<br \/>\nDes compl\u00e9ments de munitions sont r\u00e9partis \u00e0 chaque groupe sous la surveillance de l\u2019\u00e9ternel mouchard toujours pr\u00e9sent. On r\u00e9cup\u00e8re un Allemand perdu dans le bois de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la route.<br \/>\nIl est fait prisonnier et rejoint ses coll\u00e8gues**.<br \/>\nQuelques tirs d\u2019artillerie tombent sur le secteur.<\/p>\n<p><strong>Lundi 20 mai :<\/strong><br \/>\nC\u2019est une journ\u00e9e calme mais le mouchard survole toujours la ferme. Des patrouilles sont envoy\u00e9es dans toutes les directions pour \u00e9viter de se laisser surprendre. Chacun r\u00e9am\u00e9nage sa position ; \u00e0 part un ou deux endroits, il n\u2019existe pas de liaison entre les positions individuelles.<br \/>\nSelon Louis LEVENT, une demande de tr\u00eave est faite l\u2019apr\u00e8s-midi par les Allemands pour ramasser les morts et les bless\u00e9s. Elle est accord\u00e9e pour une heure.<\/p>\n<p><strong>Mardi 21 mai :<\/strong><br \/>\nDes tirs de gros calibres, assez pr\u00e9cis, surviennent en fin d\u2019apr\u00e8s-midi et pulv\u00e9risent la haie entre la 2\u00b0 et 3\u00b0 section ; il n\u2019y a plus que des tas de terre et des crat\u00e8res d\u2019obus. Ils provoquent des \u00e9boulements dans les trous individuels. On se pr\u00e9pare \u00e0 une attaque. Les trous sont remis en \u00e9tat ; l\u2019armement est compl\u00e9t\u00e9. Chacun est sur le qui-vive.<br \/>\nVers 11h du soir, des Allemands arrivent en tirant des rafales de mitraillette ; ils s\u2019approchent jusqu\u2019\u00e0 une centaine de m\u00e8tres esp\u00e9rant des ripostes qui d\u00e9voileraient les positions. Mais les consignes sont respect\u00e9es : aucun tir ne part de nos lignes. Et l\u2019aube arrive fera taire les mitraillettes ennemies.<br \/>\nIl fait une chaleur accablante et les cadavres en d\u00e9composition, hommes et b\u00eates, cr\u00e9ent une atmosph\u00e8re irrespirable.<\/p>\n<p><strong>Mercredi 22 mai :<\/strong><br \/>\nLe sergent-chef VONVILLE est \u00e9vacu\u00e9. Des remaniements sont effectu\u00e9s dans le<br \/>\ncommandement : CLOUET est nomm\u00e9 adjudant de ravitaillement (munitions). Le sous-lieutenant CHAMPAGNE devient commandant de la 2\u00b0 Section car le lieutenant RENAUD remplace le lieutenant CUNY, tu\u00e9, \u00e0 la t\u00eate de la 6\u00b0 Compagnie (il sera mortellement bless\u00e9 le lendemain).<br \/>\nCLOUET rejoint son nouveau quartier : le d\u00e9p\u00f4t de munitions.<br \/>\nA midi, avec son bon camarade G\u00e9rard FLAVIGNY, ils mangent du poulet et des frites avec la bonne dame qui a tout pr\u00e9par\u00e9. (G\u00e9rard Flavigny est le fils du g\u00e9n\u00e9ral Flavigny, commandant du 21\u00b0 Corps d\u2019Arm\u00e9e. Il sera port\u00e9 disparu le lendemain 23 et son corps n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9.)<br \/>\nL\u2019apr\u00e8s-midi, CLOUET rend visite \u00e0 la 4\u00b0 Section o\u00f9 BOTT vient d\u2019\u00eatre nomm\u00e9 sous-lieutenant.<br \/>\nVers 11 h arrivent des obus, un par un, r\u00e9partis sur l\u2019ensemble du secteur.<br \/>\nAu bataillon, secteur des transmissions, des Alsaciens \u00e9coutent avec un ER40 (radio \u00e9metteur) et localisent un \u00e9metteur ennemi qui transmet en clair. Ils entendent qu\u2019une grande offensive est pr\u00e9vue pour le lendemain, \u00e0 l\u2019aube, avec des moyens importants. Le but est d\u2019enfoncer le front de part et d\u2019autre de Stonne.<br \/>\nVers 20 h 30, le Capitaine LEJEUNE, chef du Bataillon, appelle le sergent comptable PRETROT, d\u00e9tach\u00e9 au Bataillon, qui accompagne souvent la chenillette. Il lui remet un message \u00e9crit pour le lieutenant CRAMBES. Au retour, ce dernier pr\u00e9pare une liste de munitions \u00e0 livrer au cours de la nuit et se plaint du manque d\u2019effectifs pr\u00eats \u00e0 combattre.<br \/>\nCompte-tenu des morts et des bless\u00e9s \u00e9vacu\u00e9s r\u00e9guli\u00e8rement et du manque de renfort, il y avait alors entre 70 et 90 hommes au point d\u2019appui de la ferme des Cendri\u00e8res.<br \/>\nLes munitions sont pr\u00e9par\u00e9es par le sergent-chef CAPLET et la chenillette les apporte avec de la nourriture et du courrier. Au soir, on assiste au retour de quelques permissionnaires dont le sergent Serge BOITELLE. Quelques obus tombent \u00e7\u00e0 et l\u00e0. Soudain Boitelle se redresse et dit \u00ab voil\u00e0 les chars ! \u00bb. Il s \u2018agissait de la chenillette qui apportait les munitions, de la nourriture et un petit sac de courrier.<br \/>\nDehors, r\u00e8gne un \u00e9pais brouillard : ils se rendent bient\u00f4t compte qu\u2019il s\u2019agit de fum\u00e9e artificielle venant de tirs de fumig\u00e8nes.<br \/>\nAu cours de la nuit, un appel t\u00e9l\u00e9phonique confirme qu\u2019un dernier message capt\u00e9 annonce une grande attaque pour le lendemain.<br \/>\nAu cours de la nuit se d\u00e9clenchent des tirs d\u2019artillerie sur la ferme qui s\u2019intensifient au fil du temps.<br \/>\nLouis LEVENT pr\u00e9cise que l\u2019artillerie se replie du Mont Damion.<\/p>\n<p><strong>Jeudi 23 mai :<\/strong><br \/>\nA l\u2019aube, c\u2019est un cr\u00e9pitement continu d\u2019armes automatiques ennemies accompagn\u00e9 des cris des assaillants.<br \/>\nDans l\u2019obscurit\u00e9 artificielle, les combattants ne voient pas \u00e0 deux m\u00e8tres. L\u2019ennemi est entr\u00e9 partout dans le dispositif. Le lieutenant Bes de Berc est tu\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9but de l\u2019attaque.<br \/>\nLa d\u00e9fense du d\u00e9p\u00f4t de munitions est rapidement organis\u00e9e. C\u2019est un combat \u00e0 la grenade, les Fran\u00e7ais dedans, l\u2019ennemi \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Un d\u00e9but d\u2019incendie d\u00e9marre au rez-de-chauss\u00e9e. Les Allemands lancent des grenades sur les caisses de munitions qui finissent par s\u2019allumer et c\u2019est l\u2019explosion. Les d\u00e9fenseurs sont projet\u00e9s dans la charpente et retombent o\u00f9 ils peuvent. Il se retrouve sur un mur, avec Lamy, \u00e0 plusieurs m\u00e8tres de hauteur. Ils sautent alors sur le sol, \u00e0 l\u2019abri des regards ennemis et gagnent un b\u00e2timent o\u00f9 ils retrouvent le sous-lieutenant Champagne avec onze hommes de son groupe et deux de la section de commandement. 7 montent \u00e0 l\u2019\u00e9tage et 7 restent au rez-de-chauss\u00e9e. Mais l\u2019ennemi a d\u00e9j\u00e0 atteint la porte en lan\u00e7ant des rafales de mitraillettes. Deux Allemands explorent le rez-de-chauss\u00e9e. Clouet, \u00e0 l\u2019\u00e9tage, laisse tomber une grenade au pied des deux fantassins. Il re\u00e7oit alors une, deux, trois grenades \u00e0 manche auxquelles il \u00e9chappe. Le rez-de-chauss\u00e9e est en feu. Ils tirent en permanence sur des ennemis visibles, mais bient\u00f4t, ils n\u2019ont plus de munitions. Ils descendent alors \u00e0 la cave et s\u2019enferment. Mais bient\u00f4t, des coups sourds r\u00e9sonnent<br \/>\nsur la porte et ils entendent leur camarade Elmosnino leur crier de ne pas tirer. Il est d\u00e9j\u00e0 prisonnier et les attaquants s\u2019en servent pour faire arr\u00eater le combat. La porte est enfonc\u00e9e et le groupe sort, les mains en l\u2019air, entre deux rang\u00e9es d\u2019ennemis.<br \/>\nDeux ennemis ont descendu le chemin en bordure de la haie. La tranch\u00e9e-PC est \u00e0 quelques m\u00e8tres en arri\u00e8re avec le lieutenant Crambes et 8 hommes. Un coup de fusil part : les deux Allemands bondissent de surprise. L\u2019un extrait Lechevallier de la tranch\u00e9e et lui botte les fesses. Le second l\u00e2che des rafales de mitraillette sur les autres, dont le lieutenant Crambes***, qui l\u00e8vent pourtant les mains. \u00ab Nicht Kameraden ! \u00bb l\u00e2che-t-il en tirant. (confirmation par Lechevallier et par Kirchbaum<br \/>\nrapport\u00e9 par Bertin de Nouzonville).<br \/>\nClouet a \u00e9t\u00e9 bless\u00e9 et il peine \u00e0 marcher. Fran\u00e7ois d\u2019Etat et un autre camarade l\u2019aident \u00e0 se rendre sur le chemin puis sur la route de La Besace et Raucourt. Ils sont une vingtaine dont les sous-lieutenants Champagne et Bott, 7 ou 8 sous-officiers et l\u2019adjudant Diot. Leur camarade Akian est totalement \u00e9ventr\u00e9 mais il vit encore. Ils le mettent dans une brouette de la ferme et l\u2019emm\u00e8nent avec le groupe. Les bless\u00e9s sont conduits en voiture tout terrain. Ils sont conduits \u00e0 Sedan, puis \u00e0 Arlon en Belgique o\u00f9 ils seront soign\u00e9s. Ce groupe gagne la gendarmerie de Raucourt o\u00f9 chacun est<br \/>\ninterrog\u00e9. Akian meurt dans la soir\u00e9e. Derri\u00e8re cette petite troupe suivait la bonne vieille des Cendri\u00e8res, un panier d\u2019osier noir \u00e0 la main.<br \/>\nLe PC du bataillon qui se trouvait quelques centaines de m\u00e8tres plus loin, vers La Berli\u00e8re, a d\u00fb se d\u00e9placer ; les munitions s\u2019\u00e9puisent. La Berli\u00e8re est d\u00e9j\u00e0 occup\u00e9. Or c\u2019est le seul chemin de repli.<br \/>\nPour tenter de passer, les rescap\u00e9s avancent en courant et en tirant de toutes parts avec les fusils mitrailleurs qui leur restent. Certains parviennent \u00e0 passer mais d\u2019autres tombent sous les tirs ennemis.<br \/>\nErnst BANGE, un officier allemand souvent venu sur place apr\u00e8s 1962 a racont\u00e9 cette attaque :<br \/>\nLe 21 mai, il avait assist\u00e9 \u00e0 un combat a\u00e9rien au-dessus de la for\u00eat : un avion fran\u00e7ais avait abattuun avion allemand qui est tomb\u00e9 sur le Mont Damion.<br \/>\nLe 23 mai, c\u2019est la 7\u00b0 compagnie de l\u2019IR 60 (R\u00e9giment d\u2019Infanterie) qui est charg\u00e9e de l\u2019attaque avec une section de Pionniers command\u00e9e par le lieutenant Bergmann, commandant le bataillon de Pionniers de la 16\u00b0 division. Bange y est joint avec une section de 5 mitrailleuses lourdes et une section de la 5\u00b0 compagnie de l\u2019IR 60.<br \/>\nQuand il arrive pr\u00e8s de la ferme, au pied du mont Damion, il d\u00e9couvre le lieutenant Bergmann gisant dans le foss\u00e9, bless\u00e9. Ce dernier lui expose qu\u2019il y a trop de tu\u00e9s et qu\u2019il faudrait arr\u00eater l\u2019attaque de la ferme. Mais laisser ce point d\u2019appui aux mains des Fran\u00e7ais, c\u2019\u00e9tait prendre un grand risque car les premi\u00e8res lignes avaient d\u00e9j\u00e0 atteint l\u2019entr\u00e9e de La Berli\u00e8re. Une concertation a lieu entre Bange, le lieutenant Bergmann et le lieutenant Thissen (5\/60\u00b0 IR). Ils d\u00e9cident finalement de poursuivre l\u2019attaque et de r\u00e9gler cet \u00e9pineux probl\u00e8me. Ils s\u2019approchent de la ferme pour examiner les conditions de l\u2019attaque et parviennent jusqu\u2019au foss\u00e9 muni de fils barbel\u00e9s. Un feu assez dense<br \/>\nles accueille et Thissen est bless\u00e9. Bange se retrouve donc seul avec ses mitrailleuses et les mortiers de la 5\/60\u00b0 IR. Il d\u00e9cide d\u2019attaquer la ferme en tenailles. De nouvelles pertes surviennent mais quand le d\u00e9p\u00f4t de munitions explose, la solution est toute trouv\u00e9e : plus de munitions, plus de combattants !<br \/>\nAu soir de ce 23 mai, il re\u00e7oit la Eiserne Kreuz II pour la prise de la ferme.<br \/>\nErnst Bange a souvent parcouru les restes de la ferme et les alentours avec Clouet et d\u2019autres survivants. Un rescap\u00e9, Serge Boitelle de Soissons, a d\u2019ailleurs retrouv\u00e9 l\u2019Allemand qui l\u2019avait fait prisonnier, Saborowski. D\u2019autres l\u2019ont accompagn\u00e9, accr\u00e9ditant ce qu\u2019il d\u00e9clarait.<br \/>\nAh ! qu\u2019il y avait des souvenirs \u00e0 \u00e9voquer pour tous ces rescap\u00e9s !!<\/p>\n<p>* t\u00e9moignage de Jean CLOUET<br \/>\n** extraits du rapport CRAMBES r\u00e9dig\u00e9 \u00e0 la demande du Chef de Bataillon.<br \/>\n*** Les corps de ces courageux fusill\u00e9s \u00e0 bout portant ont d\u00fb rester au fond de la tranch\u00e9e, peu \u00e0 peu recouverts par les feuilles \u00e0 l\u2019automne et par les \u00e9boulis de terre ; Ils ne sont retrouv\u00e9s qu\u2019en juillet 1941. Des S\u00e9n\u00e9galais sont charg\u00e9s de les d\u00e9gager. L\u2019un d\u2019eux a d\u00fb remarquer l\u2019officier. Il a vid\u00e9 ses poches, selon les r\u00e8gles et a mis le contenu<br \/>\ndans un sachet au nom de Crambes, mais il y avait aussi des papiers : il les a subrepticement gliss\u00e9s dans une de ses poches. Le groupe retournait le soir au ch\u00e2teau de Sedan, lieu de leur captivit\u00e9. Il a recherch\u00e9 des camarades de Crambes : Gagelin s\u2019est pr\u00e9sent\u00e9. Il lui a remis les papiers \u00e0 l\u2019\u00e9cart des autres. Gagelin les a fait parvenir \u00e0 Madame Crambes. Heureusement que la camaraderie n\u2019\u00e9tait pas un vain mot ! Il s\u2019agissait bien du rapport demand\u00e9 par le commandant de bataillon.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-2659\" src=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/doc-llevent.jpg\" alt=\"\" width=\"666\" height=\"449\" srcset=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/doc-llevent.jpg 666w, http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/doc-llevent-300x202.jpg 300w, http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/doc-llevent-624x421.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 666px) 100vw, 666px\" \/> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-2660\" src=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/2phtos.jpg\" alt=\"\" width=\"730\" height=\"484\" srcset=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/2phtos.jpg 730w, http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/2phtos-300x199.jpg 300w, http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/2phtos-624x414.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 730px) 100vw, 730px\" \/> <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-2661\" src=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/LouisLevent.jpg\" alt=\"\" width=\"726\" height=\"501\" srcset=\"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/LouisLevent.jpg 726w, http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/LouisLevent-300x207.jpg 300w, http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/wp-content\/uploads\/LouisLevent-624x431.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 726px) 100vw, 726px\" \/><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p><a href=\"#top\">Haut de la page<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce chapitre vous propose les sujets suivants : Le 210\u00b0 RI sacrifi\u00e9 \u00e0 THELONNE T\u00e9moignage de Germaine L&rsquo;herbier Montagnon Rapport d&rsquo;Henri Michard L&rsquo;enfer du Mont Damion T\u00e9moignage d&rsquo;Etienne Le Gall L\u2019abb\u00e9 Hubert au service des morts au combat Martyrologue des populations frontali\u00e8res en ao\u00fbt 1914 21\u00b0 RMVE &#8211; Levons le voile sur les \u00e9trangers de [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"page-templates\/front-page.php","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-47","page","type-page","status-publish","hentry"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/47","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=47"}],"version-history":[{"count":40,"href":"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/47\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2663,"href":"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/pages\/47\/revisions\/2663"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/www.ardennes1940aceuxquiontresiste.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=47"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}